Découvre la bande son (presque) intemporelle de (Presque) Fameux!
Des Beatles à Napalm Death, de Nirvana à Dutronc, viva el best-of évolutif en lecture aléatoire live!
Finalement, tout est une simple question d'ajustement, d'adéquation, d'exactitude. Rien ne se crée, rien ne se perd. Tout est recyclage. Rien ne se crée.
Overlord X est un acteur majeur du hip hop anglais, mais ça je l'ignorais complètement en achetant la cassette de son premier album, en 1990. J'avais été séduit par sa pochette - pure représentation hardcore - et plus certainement par son prix. Je l'avais sans doute déniché chez un soldeur, où je passais une partie de ma vie. Même si, en ces époques reculées je ne maîtrisais rien de ce courant qu'on nommait encore rap, j'étais assez réveillé pour constater qu'Overlord X, grande gueule en puissance, singeait la démarche de Public Enemy. Avant la première guerre du Golfe, PE était une foutue référence qui portait son nom d'adéquate façon. Fatalement, autour de ce requin s'épanouissaient, ou du moins tentaient de s'épanouir, force poissons-pilotes. Overlord X tentait depuis le Royaume-Uni de reprendre à son compte la formule yankee. Premièrement, un son dément, construction alambiquée où samples soul, principalement browniens, épousait une chape sonore aux tendances indus. Le tout, véritable usine à gaz auditive, était une recombinaison aussi fascinante qu'inédite. Overlord X et son posse agissait de même, poussant les emprunts et reconstructions soul, rock ou industrielle dans les extrêmes. Deuxièmement : la voix. Overlord X était hardcore, mais son timbre ne versait pas dans une bouillie informe ou l'appel aux catacombes. Clair, pur, fort. Hardcore. Troisièmement : l'attitude, la conviction, le décalage. Comme PE vintage, Overlord X d'outre-Manche possédait tout cela. La preuve :
Bien entendu son disque a vieilli. Ceci étant, il s'écoute (presque) sans problème. Il témoigne d'une époque qui, sur le moment, regardait tant autour d'elle qu'en arrière. Lushlife et son Cassette city, publié en juin 2009, fait le même effet. Rien ne se crée.
L'avantage de Lushlife sur Overlord X est qu'il est beaucoup plus grand public. L'un tentait de séduire en montrant ses muscles, l'autre essaie avec son érudition. Ecouter Cassette city d'une traite se réalise sans problème. Le disque est foutrement séduisant. La méthode qu'emploie le rappeur producteur de Philadelphie (Pakistan) est de recycler, combiner, assembler, ce qui ne va pas sans évoquer le travail du fieffé Moby. Appeler son album Cassette city et lui donner pour visuel celui d'une jaquette de K7 dépliée témoigne bien d'un travail de mémoire revendiqué. Empruntées au jazz, à la pop ou aux orchestres classiques, les sélections, très douces, oniriques, liturgiques, onctueuses comme une Danette (sponsor officiel de (P)F depuis 2008), sont greffées sur des rythmiques pas forcément hip hop. Seule la voix, nerveuse, mordante, énervée, accroche ces titres dans la vaste mouvance rap. L'organe occupe d'ailleurs une place telle que lorsque celui-ci s'absente sur quelques titres, bien malin pour préciser d'où sont extraits ces instrumentaux. En somme, sans rien inventer du tout, en reprenant à son compte une formule vieille comme la roue, ce coquin de Lushlife arrive à publier un album excitant. Les morceaux s'enchaînent et jamais la qualité ne retombe, ce qui soit s'avère une prouesse digne de la longévité d'AC/DC. On entend même sur Cassette city des créations qui, d'évidence, sonnent comme des hits. Quasiment (presque) fameux !
Dans 30 ans, peut-être le descendant d'un des employés de (Presque) Fameux tombera sur quelques-uns de ces morceaux, qu'importe leur support. Il se dira sans doute que tout cela a pas mal vieilli, que Cassette city est représentatif d'une époque, que le hip hop a (presque) sacrément évolué depuis, il se laissera tout de même aller à les écouter. Il ne peut en être autrement. Rien ne se crée.
tu parle d'un soldeur où tu passe une aprtie de ta vie , lequel ? si je ne suis pas indiscré ...
la chronique est sympathique meilleure que le disque dont je ne vois pas différence avec emininf