Lundi 4 janvier 2010
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Aborder le cas d’un groupe marseillais demande un certain tact. Vrai ; autant on peut se moquer sans vergogne du reste du monde, autant il convient de la jouer fine avec les sudistes. Certes, ils
représentaient jusqu’il y a peu encore une cible facile à dégommer. Depuis Louis le Débonnaire (778 – 840), ce peuple se passionne pour les musiques venues des colonies. Ses habitants, entre deux
épidémies de peste et déroutes de l’équipe locale de soule, proposent toujours ses versions locales des courants hip hop et
reggae. Près de la grande bleu, observant le monde dos tourné au continent, ils se passionnent pour ces styles en se gaussant du passage du temps.
Cliché cliché cliché. La mort aux images d’Epinal étant ici (presque) décidée, (Presque) Fameux soumet à ta perspicacité le cas d’une formation du 13000 qui ne joue pas plus de hip hop qu’elle
n’adresse d’odes à Jah. Nasser est l’union du duo Double Zero et de Facteur. Vous ne connaissez pas ? Pas grave. Sous couvert d’un patronyme aussi commun qu’exotique, le club des trois présente
une musique électronique aux confins du minimalisme. Et, fin du fin, son boum boum inspiré
est diablement fertile en hit. Analyse du futur mythe.
Nasser est rock. Voilà un groupe qui performe de l’electro comme, il y a 25 ans, certains sautaient sur leurs guitares pour nourrir le courant alternatif. De fait, pas de temps à perdre avec les plages languissantes et
autres espaces sonores vacants. Ici, tout est plein. Ici, tout est puissance. Ici, on va vite, enchaînant les couplets au refrain comme un boulanger ses croissants aux pains (ouah). Outre évoquer
Motorhead, Too loud / too old dénote ainsi d’une construction typiquement rock : rythme, montée, refrain / hymne, reprise des hostilités musicales. GHB (sans doute un hommage à
Charged GBH !) croise carrément riff noise et gros beat. Impeccable !
Nasser est gras. Sur scène, nos observateurs ont rapporté que le trio utilise une 6 cordes. Sur disque, il habille ses compositions de saturations et de sons bien épais. Et le côté abondant,
bouffi, débordant, on aime chez (Presque) Fameux ! On apprécie certes la finesse de claviers évanescents, mais on goutte plus sûrement le gain, la saturation, l’excès, l’amplification. Pas ultra
technologique, s’exprimant sans nul doute sur un équipement réduit (tambourin, flutiau, corne de brume), Nasser tire le meilleur de ses limitations. Le meilleur exemple réside dans La
chose, dont la structuration élémentaire et les angoissants lacets est servie par un côté dark punk rétro vintage du
meilleur effet.
Nasser est pop. Quand on parle de hit, on parle de hit. Nul doute que si tu fréquentes les soirées dansantes et éthyliques, tu vas entendre
Come on, leur succès (5 versions sur le
EP). Bien qu’évidente, sans doute trop, cette chanson n’est pas notre préférée. Nous lui préférons d’autres créations. Ainsi
Retrosexual et
We don’t understand, elles-mêmes
chantées, apportent une fougue qui, tout aussi basique, donne une furieuse envie de danser, sauter et boire du Perrier.
Nasser a de la mémoire. Mince, nous croyons être les seuls spécimen à encore écouter de l’acid new beat belge de 1987 ! Nasser sait-il qu’il paie sont tribut à ce mouvement, de nos jours
totalement galvaudé, avec
The baddest man in the world ? Nasser synthétise 25 ans de rock et d’electro. Pas innovant, certes, mais tellement bien fait (surtout pour des marseillais).
Par Ndaref
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Publié dans : Chroniques
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