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Fameuse radio!


Au fait, retrouve (Presque) Fameux sur
et le (presque) Myspace

Qui es-tu, (Presque)?

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coooolagos

 


20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 20:47

http://i.ytimg.com/vi/JQz2wPCtkO8/0.jpg

Bon, nous, l'ami Gérard, il est sorti du radar. Mais pas de celui supra alambiqué de l'ami Steve, qu'on a envoyé. Il a même donné un titre à son article, le bougre. Il a nommé ça:

Gérald de Palmas, l'espoir en plus

L'été, Sanary-sur-Mer devient Sanary Sous les Etoiles, avec une programmation musicale et folklorique en plein air et gratuite. En bon situationniste, je ne m'aventure jamais au-delà d'un rayon de 30 kilomètres de chez moi. Pour deux raisons valables, je transgressai pourtant cette idée. La première parce que la prestation était gratuite, la deuxième est que j'ai une éthique très souple suivant mes humeurs.

A Sanary-sur-Mer, sur la plage où je foule le sable, Gérald de Palmas a décidé de nous offrir une prestation d'excellente qualité car, voyez-vous, ce monsieur, plutôt discret, est un véritable musicien de scène qui se passe de ticket surévalué pour le prouver. Heureusement, me disais-je, qu'il a écrit Marie pour Johnny ou d'autres petites merveilles pour Céline Dion, toutes choses qui doivent lui assurer un Smic de droits d'auteur lui permettant de manger à sa faim chaque mois.

Le public de Sanary attend, prend patience en comparant son bronzage. L'audience de ce genre de prestation gratuite est plutôt moins discipliné que la normale; ça papote, bouge plus que de coutume, c'est gratuit quoi... Mais, éclipsant le soleil, IL arrive, en bon workin'class, chemise à carreau percée. Un "bonsoir" laconique les mettent en route, lui, guitare en bois, l'autre à sa droite, électrique. Les gens écoutent, c'est du Français, c'est important en France lorsque l'on galère un peu dans une carrière en demi-teinte de se faire comprendre. Sa musique est du genre fragile comme son inspiration, mais cela ne semble pas trop le perturber, il compte beaucoup sur son approche musicale du métier pour s'en sortir. Chose que j'apprécie énormément dans sa démarche: plus que ses compositions, l'homme me plaît. Vous l'avez compris, sa personnalité m'attire au-delà de son talent.

"Regarde-moi bien en face! Je sais que tu ne m'aimes plus" chante-t-il. Est-ce que c'est plus gratifiant pour lui qu'un tapis de billets? Moi, j'attends de l'entendre à la radio avec, qui sait, une nouvelle chanson qui m'attirera l'oreille. Pour l'heure, les chansons connues s'enchainent: Marcher dans le sable, Les lois de la nature, Sur la route... De lui ou d'autres: Goldman, Le Forestier, Tomber... un must selon mon goût. On sent que la recette qui fait la chimie de ce genre d'artiste est improbable et ne marche pas à chaque fois, à en juger par les piétons qui s'y essayent, tel Christophe Mae.

La soirée d'été s'installe. Le public apprécie, il chante même les standards en cœur (c'est important). On sent que ce soir au camping ils en reparleront encore longtemps, au-delà des vacances: un souvenir indélébile restera de cette nuit étoilée. Lui a plus d'une qualité: sa voix à la Adamo (mon chanteur gothique préféré: La Nuit, Tombe la neige), ce léger voile qui nous laisse deviner qu'en la forçant un peu, elle pourrait se briser telle un cristal. En attendant, le type joue en direct avec cette façon bien à lui, appliquée, tout en paraissant à la fois décontracté et tendu...

Un quidam me tombe dessus, les poches chargées de houblon. "On dirait l'imitation d'un chanteur connu" me lance t-il. "C'est lui!", je réponds. En parfait Space Cow-boy, Gerald reprend ce titre du Steve Miller Band, en plus country, et qui sied à son teint barbu. Suit un Hard to handle étonnant et brutal où il se déhanche légèrement sur le rythme qui s'enflamme un peu sur le solo, hors de l'ordinaire. Il enchaine, joue, avec d'autres chansons, sur une mélancolie bien venue, en opposition avec la chaleur qui se dégage de la plage.
"Ah! vous buvez quelque chose?"
"Non merci, je vais reprendre le volant"
"Moi aussi, bonne route" me souhaite mon interlocuteur chaloupant sous les riffs de Black and white de l'énorme Michael Jackson, qu'en bon performer, Gérald joue aussi bien que l'original, peut-être mieux... Plus Rolling Stones, en somme.

A mon tour, Je reprends Sur la route, dans le sens inverse duquel je suis arrivé. Bientôt tombera la neige d'Adamo dans la nuit de mes yeux clos.

 

 

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Published by Steve - dans It's Alive
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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 13:23

http://toutelaculture.com/wp-content/uploads/2012/02/hasta_la_vista0-300x300.jpg

Mince. Difficile à expliquer. Nombre de gens, lorsqu'ils ont admiré une production un peu moins couillonne que la moyenne, ne se sentent plus. Ils ouvrent grand les vannes du barrage à clichés et, armé de leur grosse gamelle, se placent sous les flots de lapalissades. Bien entendu, ces personnages ne récoltent que les éléments les plus grossiers. Les blocs énormes ayant roulé jusqu'à là. Les bons vieux gros mots éculés. Ils repartent avec leur moisson, ravis, contents, et fixent leurs fulgurances sur la toile. Alors, on assiste à une floraison de "leçon de vie". Leçon de vie, c'est à peine croyable. Pour dégainer un argument aussi pathétique, faut vraiment avoir envie de recevoir des leçons et disposer d'une vie tout à fait corrigible. Mince.

Chez (Presque) Fameux, on abandonne les leçons de vie à qui veut. Gardez-les pour vous. Nous, on n'aime rien, d'abord. Rien d'autre que les films crétins et les films de zombies et les films anciens et les films surprenants. Hasta la vista se range dans la dernière catégorie. Cette production apportant un tel courant d'air frais, on ne va la résumer au risque de l'éventer. Pour cela, la bible est là (Allociné). Nous, on peut simplement avancer qu'on est d'accord sur à peu près tout: les personnages, le ton, la photo, les événements, la cohérence de l'ensemble. On n'aime moins le final (qu'on va encore moins exposer), mais il en fallait un, donc...

Alors, si tu aimes les handicapés, les camions Mercedes, l'humour flamand et les catains carrossées, ce film, qui a accumulé les récompenses, est là. Si tu détestes, tu aimeras aussi. Mais pour les amoureux des leçons de vie, rappelez-vous qu'il s'agit tout de même d'une comédie, pas si éloigné dans l'emphase que Severance ou Hot Rod (que vous détesterez). Et que dans la vraie vie, les handicapés aussi aiment fourrer.

·  Réalisé par: Geoffrey Enthoven

·  Avec: Robrecht Vanden Thoren, Johan Heldenbergh, Gilles De Schrijver

·  Genre: Leçon de vie

·  Nationalité : Belge

 

 

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Published by Ndaref - dans Chronique films
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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 11:49

http://farm9.staticflickr.com/8008/7614936626_1353e55602.jpg

 

Si, par magie pure, on se retrouvait, ce vendredi soir, téléporté dans un épisode des Mystères de l'Ouest, celui-ci aurait assurément pour titre: "La nuit des mains en l'air". Et n'y voyez aucune allusion à une quelconque obligation: les gens, qui pour la plupart avait payé une belle somme pour emplir ce théâtre antique très décor de cinéma, s'activaient délibérément. Jovialement. En chantant et dansant. Une vraie fête, une parfaite réussite. A laquelle Ndaref aurait pu participer si ces 108 kg ne pesaient leur poids d'amertume. Car, bien entendu, il y avait un hic. Ami, sache que cette soirée pouvait également être placée sous l'intitulé: "La nuit des pilleurs de groove". C'est cette fameuse face B qu'il est maintenant temps de diffuser.

 

Tout a commencé dans la moiteur de ces douces nuits d'été. Le ciel était clément, le bar à peu près fréquentable et la foule en train de s'insérer gentiment dans ce temple millénaire. Sur scène, un combo jeune et souriant, Deluxe. La formation prenait ses marques et Ndaref la fuite: il avait passé sa cartouchière et n'allait pas se laisser entrainer par les rythmes outrageusement codifiés des vingtenaires sudistes. Plus tard, Ndaref, motivé par une de ces crises de professionnalisme qui l'affligent périodiquement, fit toutefois une incursion surprise dans l'enceinte. On aurait dit que l'illusionniste de la musique avait activé sa baguette magique. Non seulement Deluxe, quasi inconnu du grand public, jouait devant un parterre bondé, mais en plus celui-ci se mouvait comme autant de couguars en chasse. Ndaref trouvait ça régressif mais efficace, et c'est d'ailleurs ce dernier terme qui eut le dernier mot. Cependant, retrouvant quelques vieux aigris de son acabit, ceux-ci avancèrent en masse le nom de Caravan Palace. Ndaref y voyait davantage le croisement entre Deee-Lite pour l'attaque funk déglingue et AlgoRythmiK pour ces samples bop, personne ne comprit rien à ses rapprochements.

 

Plus loin, c'est Muppet Show version hip hop, soit Puppetmastaz. Au début, c'est juste merveilleux. Les poupées chantent, font le spectacle et les chansons se tiennent, et même salement bien. Entre Eminem et Beastie Boys, les compositions envoient du lourd, un lourd qui ne va pas sans évoquer les corrosifs allemands de Snowgoons. Ces allemands-ci sont également merveilleux. Saisis de plus haut, Ndaref constate qu'ils chantent derrière un paravent en agitant leurs marionnettes. L'ennui est que cela ne semble pas leur suffire. De fait, les types sortent s'exposer aux faisceaux lumineux, ce qui fait tout à trac retomber le soufflé. Comme pour manifester son mécontentement, ce foutu mistral glacial se lève au moment où ils apparaissent de pied en cap, portant des masques. Soudain, le public réalise qu'il s'agit bel et bien d'humains, qui chantent pour l'occasion des chansons sacrément inintéressantes. L'intérêt retombe donc aussi vite que les mains levées. Le set dure trop longtemps, dans le froid et l'apathie, avec une vision du futur déjà estampillé sur Intergalactic. Marre, Ndaref se barre. Nos courageux Puppetmastaz auront beau proposer une version hybride de leur spectacle (moitié humains, moitié marionnettes), Ndaref converse au bar.

 

"La nuit des mains levées" se poursuit avec Chinese Man. Sur La Provence, gazette locale au nom circonstancié, la journaliste n'a à peu près rien su dire du show. Elle s'est contentée de retracer un jeu de piste afin d'éclairer leur patronyme. Difficile il est vrai d'avancer quoique ce soit de passionnel. Si, le set est réglé au millimètre et le son énorme. Après, la vision de quatre types alignés, avec un écran vidéo et l'apparition calculée des cousins de LMFAO pour insuffler un peu de vie, l'ensemble s'assortissant autour d'une chose fusionnelle tout à fait opérante mais sans prises de risques et déjà partagée par mille autres formations… comment dire? Pas aisé, justement. Les gens ont aimé, c'est certain. Ndaref, qui avait resserré sa cartouchière, se demandait lui à quoi pouvait bien ressembler Jim Kerr, chanteur des Simple Minds qui passaient le lendemain. Ah oui, il y eut des bons passages, notamment reggae, avec des assemblages de hits millésimés, rien de clandestin ou de dérangeant, en somme. Après, ce fût la fin. Il faisait nuit, froid et les marionnettes devaient sagement reposer dans leurs caisses. Alors, el pendu, boss de Ndaref, manipula depuis l'atmosphère les fils invisibles qui amenèrent son bouffi inférieur vers d'autres (presque) aventures…

 

 

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 20:27

http://farm9.staticflickr.com/8151/7606075204_85984d5c0b_n.jpg

 

 

Profitant de cette Escale du cargo, je me rendis d'un pas léger et alerte vers l'entrée de ce vénérable théâtre antique. Mon premier sentiment fut de me dire que je devais être un tantinet en retard, puisque, déjà, les premières notes de  Nasser résonnaient au moment où je prenais possession du sésame propre à m'ouvrir les grilles du monument romain. Aussitôt après avoir accompli cette formalité nécessaire, on aurait pu croire que je me dirigerais en premier lieu vers la fosse afin de me glisser illico dans l'ambiance électro du groupe marseillais. Il n'en fut rien puisque je décidais vaillamment de réserver ma première visite au bar, heureusement fort bien achalandé. C'est donc à partir de cet endroit paisible que je suivis le déroulement de ce set joué par ces voisins phocéens. N'ayant que peu d'affinités avec la musique électronique et ses nombreuses sous-dénominations, je choisis de reporter toute mon attention vers le contenu houblonneux qui emplissait mon verre. Par un effet de causalité certain, il me fallut peu de temps après quitter cet endroit «cool and quiet», afin de remplir d'autres obligations que la pudeur et la morale pudibonde réprouvent, quand elles ne la censurent pas. Bref, je m'absentais un instant, profitant de cet effet d'aubaine pour jeter un coup d'œil sur la scène et surtout sur le public, ma foi assez nombreux, pour m'apercevoir que celui-ci dansait volontiers sur un mélange plutôt malin entre une électro fine et précise, et un bon vieux beat de dance si cher à cette population méridionale désemparée. Je m'ennuyais un peu et le public, même celui des gradins, ondulait sagement.

 

Le temps d'accomplir de la meilleure des façons possible la tâche qui m'incombait présentement, je décidais de retourner au bar, car déjà, Nasser en avait terminé. L'entracte donna lieu à de belles scènes d'embrassades et de retrouvailles fortement amicales, sous l'œil attentif de l'implacable municipalité venue prendre le pouls de la plèbe arlésienne. C'est ainsi que je recrutais presque par hasard deux membres émérites de l'éducation nationale que j'équipais chacun d'une pinte pleine. Les remous de la foule et la tension devenue latente nous indiquèrent que l'heure des Shaka Ponk était venue. Nous contournâmes habilement le théâtre pour nous présenter devant la scène par son flanc nord-nord/ouest.

Le (Presque) Fameux round d'observation (réduit à ses plus simples extrémités) nous permit très rapidement d'en tirer les premières conclusions. Ainsi, il nous apparut, en vrac, si je puis dire, que le chanteur sautait partout (y compris dans le public), que la chanteuse semblait plutôt jolie, que le son était plutôt fort (voir un peu plus) et qu'il y avait un écran, au mitant de la scène, avec un singe vidéo qui faisait des tas de trucs. Des esprits moins subtils que nous auraient déduit devant cette débauche d'énergie que le concert aurait l'heur de nous plaire. Or il n'en a rien était. En effet, un profond et insondable sentiment de vacuité s'emparait de nous. Les gesticulations ostentatoires du chanteur ne nous le rendaient que plus insupportable. Les promesses que la chanteuse avaient laissé entrevoir se désagrégèrent totalement sous les pitoyables effets R'N'B ajoutés à sa voix. Et pour finir, le singe vidéo me rappelait bien trop son cousin, cet ancien partenaire de Vincent Lagaf' dans le Big Deal, pour m'arracher ne serait-ce qu'une once d'un sentiment positif à son égard. Bref, Superbus venait de fusionner avec Shakira dans un maelström fadasse de Coca zéro, sans bulle, sans sucre, sans caféine, sans rien quoi.

 

Pour échapper à cette escroquerie musicale, nous nous rempliâmes vers le bar afin de trouver dans le fond de nos verres l'ingrédient qui manquait si cruellement à ces imposteurs, à savoir la plus infime trace d'humanité. Là, sous le ciel parfait de Provence nous attendîmes patiemment la fin du show que néanmoins une très large majorité du publique semblait cautionner par leur danse. Et c'est presque avec soulagement qui nous vîmes, bien plus tard, le service d'ordre nous enjoindre de retourner dans nos logis respectifs.

 

Boub'

 

 

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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 13:48

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On les avait prévenu, les Garbage. Arles, capitale de la Camargue, incarne le paradis du moustique. Lancé dans une vaste tournée européenne, le combo anglo-saxon souhaitait honorer cette date sans pour autant en annuler d'ultérieures pour cause de poussée de chikungunya ou de dengue. De fait, toutes les précautions ont été prises pour que ce concert se déroule dans des conditions hygiéniques.

L'idée d'étanchéiser complètement le théâtre antique ayant été, pour de sordides histoires de conservation patrimoniale, abandonnée, le dévoué personnel sudiste (pléonasme) avait déployé une stratégie alambiquée inspirée du moustachu tacticien ibère Vicente del Bosque González. Elle tenait en plusieurs points, tous trouvant conclusion contre le pare-brise automobile installé sur la batterie de la formation. Le premier était un son dément. A même d'éradiquer en plein vol les téméraires osant s'approcher de la scène, il catapultait les plus résistants contre cette paroi transparente, derrière laquelle une brute à lunettes (Butch Vig) martelait les rares survivants. Le second résidait dans la coiffure de la rousse Shirley Manson. La chanteuse avait truffé son mignon chignon de spirales citronnelle, à l'image des draps froissés qui pendouillaient derrière la scène. Là encore, les moustiques, coincés, n'avaient d'autres choix que d'aller se fracasser sur le dur pare-brise du producteur de qui vous savez. Pour achever le piège, les guitaristes, aux aspects vestimentaires des plus contrastés, étaient munis de faux claviers qui s'avéraient de vrais diffuseurs de produits chimiques. Enfin, un bassiste, placé au fond dans la pénombre et démuni de toute protection incarnait la proie idéale, bouc émissaire sonore à même d'offrir son sang pour préserver celui de nos héros.

C'est ainsi que Garbage, stars des années 90, a pu enchaîner les hits (Stupid moustic, I think I'm a insect, Ony when it bites...), lesquels laissaient entendre l'improbable croisement entre Rammstein et Katy Perry. Un concert (presque) piquant.

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 10:17

 http://musikplease.com/wp-content/uploads/2012/06/lives-au-pont-flyer.jpg

 

Sur la route, Guillaume Durand s'interroge sur Radio Classique: va-t-il se rendre à la cérémonie d'ouverture des J.O faire une ultime pipe aux Stones? Les Stones aux Jeux sportifs, on croit rêver, mais vous me direz entre drogués… Ceci dit, les Stones, après qu'ils aient joué, on ne leur demande pas de pisser.

Distrait, j'écoute quand même le maire de Paris évoquer son opinion sur les institutions rock, ce qui a pour conséquence de me faire arriver en retard et louper une partie de la prestation des Citizens! Le parterre de jeunes filles de 16/17 ans qui peuple le premier rang est tout rendu à leur musique. Je me rends compte que je suis le seul adulte au milieu. Et quel adulte! 50 carreaux, presque leur grand-père. Ces mignonnes sont là pour Pony Pony Run Run doté d'un chanteur qui me donne l'impression d'avoir tout juste passé son B.A.F.A lorsqu'il s'adresse au public, voire Metronomy pour les plus raffinées d'entre elles. Metronomy, très British, est de loin le meilleur groupe présent musicalement ici, quoi que si vous avez du charisme à leur vendre, ils sont preneurs.

Le gros truc, c'est Tellier! "Un personnage" me confie l'un des rares représentants masculins à mes côtés. Un mélange de Helmut Fritze (ça m'énerve), Patrick Sébastien et galimatias de sermon new-age, genre Rael en plus marrant. "Il devrait faire du théâtre, pas du chant" lance un type. Pendant ce temps, les petites filles l'adorent! Que peut-il espérer de plus beau qu'un hommage unanime au féminin? Cet amuseur public sait se faire prendre au sérieux quand il en vient à la musique. Là, ça change, évolue dans d'autres sphères, et le public ne se trompe jamais, le sait, le sent, en faisant une ovation au gros Tellier. Tout joyeux, il esquisse des mouvements de karaté kung-fu sorti de son imaginaire plutôt chargé. Il l'est, lui qui écluse maintenant en direct live quelques babys. "Faut que j'arrête si je veux pas finir complètement déchiré" nous avoue-t-il. Je préfère franchement une évolution à la Sébastien Tellier plutôt qu'un nombrilisme parjuré à la Prince - devenu un tribute band de lui-même.

 

Pendant les blancs, la sono fait d'habiles transitions entre les ambiances pendant que les videurs, jusqu'ici fantomatiques, sont tous présents pour le moment "rock". Ils se montrent enfin, après plus d'un quart d'heure d'attente, tous feux allumés... Les Kills arrivent et tout de suite on sait que l'on a frappé à la porte de la bonne maison. Fanta maxi à la main, lui branche sa guitare pendant qu'elle, chevelure fauve avec bouts jaunes, tourne en rond tel un lion en cage. Un regard, un claquement de guitare, elle hoche la tête et commence cassée en deux, le micro entre les mains, puis se détend comme un arc de son mètre quatre-vingts pour cinquante kilos de chair. Le tout émulsifié par un beat infaillible, battu en neige par quatre drummers masqués de foulards rouges. Côté public, celui-ci répond, explose à tout va, court la croix rouge, un brancard, un malaise, une bagarre, poussière et poudre. Une odeur de danger manifeste. Le guitariste des Kills joue tout en parlant avec un type du public. Peut-être le reconnaît-il? me dis-je, m'étirant le long de la barrière de sécurité afin de mieux voir. Non, ce n'est pas ça. Ce qui le dérange, ce sont les trouble-fêtes, les violents, tellement qu'il en vient à s'arrêter au beau milieu de Nail in my coffin s'adressant carrément au bipolaire de service : "Hey! Fuckin' idiot, stop it! Get out of here!". Je suis surpris de son attitude, cet incident qu'il désire régler seul, sans l'aide du service de sécurité. Les videurs investissent la place. Il lève sa guitare, la frappe des poings, tandis qu'à l'autre bout de la scène, Alison, impériale sur ses bottes compensées, l'observe, amusée. Il s'égare seul, change sa guitare qui a souffert, s'excuse. "I have to keep my spirit".

Sur Jamie Hince, je m'interroge au sujet de sa légitimité "garage", un peu entamée par son mariage avec un porte-manteau. Vous me direz, c'est toujours mieux qu'avec un footballeur... Honte sur Kate Moss. Seulement, sur les planches, il est tout l'opposé du poseur, avec ses guitares qu'il porte au raz de la poitrine, pour sérieusement en jouer, en contradiction avec ces guitares héros juvéniles, attardés, au jeu rendu incertain par l'instrument qu'il traîne en bas des jambes. Alors qu'il installe son micro en quinconce avec celui d'Alison pour un ping-pong couplet refrain, elle, sensuelle, s'approche de lui et chante sur son épaule, puis partage le même pied de micro pour un chassé-croisé hypersexe. Elle essuie la sueur de son visage, cheveux collés, et lui envoie au travers de sa figure. Ca le fait sourire. Il lui caresse la joue tendrement, à la fin de Last good-bye, unique moment où elle souffle un peu de son va et vient arc bouté incessant. Je suis resté hypnotisé toute leur prestation durant. Ils jouent, comme au temps des sixties, l'intégralité de leur excellent CD, Blood pressure, pas plus.

 

En repartant, je croise un type frustré qui est resté jusqu'à la fin, réclamant un rappel. "C'est ça les Kills! De la merde!" qu'il crie, le bougre. Vous savez, moi, l'avis du public ! (lire au-dessus).

 

 

Steve 'Kills' DuGard

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 13:39

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D'abord, Ndaref n'a rien compris. Le disque s'est enchaîné à une vitesse folle, le plus long des 6 titres atteignant la durée extrême de 1'23 mn. Enfin, rien compris, c'est exagéré. Précisons tout de même  que plusieurs sensations se sont imposées à l'écoute. La première, primordiale, est que cela lui plaisait, quoique là ce verbe soit bien trop limitatif. Il n'aimait pas, il adorait. Le plus lettré de tous les chroniqueurs de l'ouest de Lavera (13) avait glissé, de liens en liens, jusqu'à cette page Bandcamp magique, alors qu'il était à la recherche d'infos sur un de ses groupes favoris, F-Minus. Ce qu'il entendait ressemblait diablement au meilleur du quatuor culte. Au temps de leur gloire, les américains produisaient une folie hardcore relevée d'éléments metal ayant le bon goût d'éviter le bourrin et le cliché. On retrouve cela sur cet EP. On touche d'ailleurs du doigt la même folie, un semblable parfum d'hystérie. Ce sentiment d'urgence tient certes à la rapidité des titres, mais leur écriture épileptique serait sans doute moins aboutie sans l'apport vocal de Fanny.dx. Sur la page Bandcamp, elle est dépeinte comme une chanteuse folk. Folk, cette enragée à la voix râpeuse? Néanmoins, le déplumé el pendu, supérieur de notre héros, a confirmé ce fait. La demoiselle qui hurle et magnifiquement crie est belle et bien intégrée dans la scène flok. Fichtre. Ce groupe, composé de musiciens venant de combos comme Guerilla Poubelle et d'une vocaliste atypique, fait donc de l'hétéroclisme sa richesse. Mince. Ndaref, doté d'une âme encyclopédiste, va jusqu'à se frapper les premiers enregistrements de MAG. C'est bon, mais moins forcené, urgent, viscéral. Pas mal. Pas comme ça. Pas si grand. Ndaref, qui l'année durant agonise sous des tonnes de CD, se désespère de n'avoir pu mettre la main sur le vinyle, d'une flagrante beauté. Rupture de stock. Tout à fait mérité.

 

Tu crois qu'on ment? Ecoute donc, amigo/a!

 

 

 

 

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Published by Ndaref - dans Chroniques
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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 14:20

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La vie est une sacrée arnaque. Illustrons ce postulat en prenant l'exemple, totalement choisi au hasard, des communiqués de presse, notamment ceux portant sur ce sujet délectable qu'est la musique. La règle du "on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre" établissant que les gens vont aimer ce que d'autres aiment déjà, on verse rapidement dans la surenchère du commentaire louangeur. Dernier cas recensé avec D-R-U-N-K. Ndaref, ce roi prosaïque, s'esclaffe dans l'immense openspace. Diantre, comment ont-ils osé? "Big stuff!!!)), "HOOKER" is a big tuff ass beast!!!! These are seriously monsters. :), One word: Epic., Classy and sexy. Amazing work, Great Lush and Harsh sounds!" OK, le génial rédacteur ne comprend pas un traitre mot de cette langue régressive, il saisit toutefois pertinemment que cette littérature renâcle sérieusement l'avisée réécriture. Mais ça ne prend pas!

Enfin, pas de suite. L'idée d'une manipulation cependant s'étiole à mesure de l'écoute du dit EP. Si, pour le fier porteur de cartouchière, un habile et soudoyé rédacteur a indubitablement sorti sa collection de termes emphatiques pour la promotion de Ghetto, le plus grand d'entre tous en vient quand même à sérieusement douter. Le disque recèle en effet une vulgarité tout à fait séduisante, ou du moins ayant grâce à ses parfaites oreilles. Ndaref a grave subi au tournant des années 2000, quand l'electro tendait vers des rythmiques molles ponctuées d'une idée toutes les 15'36 mn. A mille lieux de ces infâmes poseurs, D-R-U-N-K (plus connu sous le nom de Oly Grasset, moitié du duo techno Motor) introduit une trivialité délectablement viscérale. Beat lourd, sons pas finauds, mots d'ordre basiques, et à l'arrive une suite de titres enlevés et savoureux, donnant furieusement envie de se dégourdir les jambes et défaire la cartouchière.

Bref, entre dance massive, réminiscences rave et relents industriels, D-R-U-N-K nous saoule de la plus belle des manières.

(Ndaref conclue sur ce clin d'œil volontairement mis en évidence, quoiqu'intrinsèquement pataud, si ce n'est contreproductif. Il espère néanmoins que son pauvre trait d'esprit sera plus ou moins bien compris par les promoteurs qui, séduits, n'hésiteront pas à le reprendre dans la com officielle, délivrant de fait son poids en chèque déjeuner – 103 kg – en échange de sa fulgurance. Sinon, histoire de s'essuyer au cirage de pompes anglicisé, le polyglotte Ndaref a recomposé une phrase avec les misérables accroches précédemment publiées. Ca donne "Big big ass are seriously sexy!" Pas mal vendeur, non?

 

 

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Published by Ndaref - dans Chroniques
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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 12:46

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Aujourd'hui, Ndaref a passé sa cartouchière. En fait, il la laisse accrochée à son pantalon. Une sorte de pari. Il s'est dit qu'il l'ôterait des passants de son magnifique velours côtelé lorsqu'il sera assigné à autre chose que la chronique de tous les malfaisants de la terre. Mauvaise option: voilà désormais 3 mois qu'il porte le même futal, dont l'aspect immaculé des premiers moments tant à céder sous une couche de crasse commak.

Toutes proportions gardées, voilà l'impression que lui cause l'écoute du vrai premier EP de TNS. C'est sale, à ce point dégoutant que le terme grunge semblerait chez eux magnifiquement approprié. Mais ça, ce serait si le monde était bien fait, évident, calibré. L'univers tournant toujours aussi mal, Ndaref doit se creuser la tête et s'éloigner des rassurants clichés. L'homme au ceinturon voit alors dans cet enregistrement la rencontre de F-Minus avec New Bomb Turks, soit le télescopage du hardcore implacable avec le garage défroqué. Un truc comme ça. Raw Power + Teengenerates, Agnostic Front + Raunch Hands ou 88 Fingers Louie + Devil Dogs sont des associations également validées. C'est lourd et léger à la fois, ça cogne et ça hurle, c'est sacrément maîtrisé et pourtant ça part en tous sens. De la musique pour décérébrés, en quelque sorte. Le bel Ndaref juge toutefois que les gaillards ont de la patine. Violence, une des meilleures chansons entendues ces temps-ci, témoigne en effet d'une vraie facilité d'écriture et d'un étonnant savoir-faire.

A moins que tout cela soit simplement le fruit du hasard. Si on voulait creuser telle question, on pourrait demander au groupe quelles sont leurs aspirations, modèles et attentes. On pourrait également les interroger sur le besoin de se libérer par la libération de pareille brutalité. Et puis, on trouve la réponse à tout cela en avisant qu'ils viennent de Brest, capitale internationale de la dégénérescence. De fait, Ndaref n'a guère envie de pousser plus loin les recherches. De toute manière, tout est dit: comme dans le grand Ouest, cet EP et ceux qui l'ont réalisé ignorent toute notion de sobriété.

Ecoute donc ça, cousine: http://thenightstalkers.bandcamp.com/album/new-songs

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 13:14

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L'adage stipule qu'internet est à l'image de notre société. S'il est juste, il faut voir comme notre monde craint, constate le toujours juste Ndaref. Incroyable, le nombre de tarés qu'on rencontre sur la toile. Déambulent-ils dans les rues ou sont-ils circonscrits dans leurs maudits ghettos numériques? Ndaref souhaite prestement l'établissement d'une milice du web, afin de filtrer cette innommable racaille! Dans l'attente, ce travail lui incombe. Il doit, sous les injonctions rabâchées de son supérieur, le divorcé el pendu, aller au contact des couches les plus infamantes du virtuel pour ramener la lie de la musique. Une sombre histoire d'arrangement, avait stipulé el pendu, cherche pas à savoir, écoute, écrit. Alors, quand ce mot d'ordre a été trop souvent répété, Ndaref, ce seigneur du verbe, clique sur les liens de structures affiliées et opte pour un disque au hasard. Pas besoin de s'échiner à chercher, ils se rejoignent tous sur le terrain de l'abominable.

C'est ainsi que le cas Genital Jiggling se présente. Le nom adopté par la formation, la pochette détournée, le nombre de chansons (24!), la brièveté des titres (en 16 secondes et 2 minutes) évoque immédiatement au lettré penseur un de ses odieux groupes grind. Des formations s'accordant autour d'une fulgurante violence mais également d'une insondable nullité, que n'arrange certes pas le positionnement humoristique de certains drôles. Comme si cela n'était pas assez déprimant en soit, le quatuor vient de Rouen, ville sinistrée s'il en est, et joue du fastcore. Mince. Selon toute vraisemblance, ce style voisin du grind est en train de remplacer progressivement son métallique cousin sur l'autel du mauvais goût outrancier. Résigné, le fastueux Ndaref clique sur le lecteur en laissant échapper un gémissement de déplaisir à travers l'open space.

Et là, le plus merveilleux des destructeurs de claviers est obligé de se raviser. Oh, vous le connaissez, il ne rend pas les armes si facilement. Il résiste, s'entête, et souhaite mourir correcteur orthographique à la main plutôt qu'avouer sa défaite. Peine perdue. Il en vient même à espérer, priant pour que ce bon morceau soit succédé d'une odieuse bouse, qui rendrait superflue toute chronique construite. En vain. 24 titres, quasiment rien à jeter. Les rouennais demeurent d'une impeccable constance, évoluant entre brutalité viscérale mais maîtrisée, inspiration bien plus large que leur positionnement revendiqué laisse augurer, et un humour qui fait mouche. Ce constat est très difficile à avaler et Ndaref se résigne à aligner du caractère. Que faire d'autre? Comment passer sous silence cet univers parfait décliné en 24 vignettes? Grind, metal, punk et même Oï, GJ agglomère tout et recrache des compositions toujours mélodiques en un temps record. Imparable. Sales foutus jeunes, peste Ndaref.

Après avoir rédigé son article, fatalement élogieux, Ndaref écoute l'album mythique de Blood Duster pendant que son antivirus scanne son disque dur. On fait parfois de sales rencontres sur le oueb...

 

jetter une oreille? http://genitaljiggling.bandcamp.com/

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