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Fameuse radio!


Au fait, retrouve (Presque) Fameux sur
et le (presque) Myspace

Qui es-tu, (Presque)?

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coooolagos

 


23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 13:21

http://www.technodisco.net/img/tracks/o/oxidised-razor/2663739-oxidised-razor-cover-ed-with-blood.jpg

 

Je suis certes la proie de plusieurs inclinaisons pas top glamour, mais ne suis prêt à en confesser qu'un petit nombre. Une d'entre elles, par exemple, me pousse à dénicher des disques de reprises. Une autre m'enjoint d'écouter les musiques extrêmes. Une troisième de me complaire de sons limites audibles. Une énième d'apprécier à l'inverse la dextérité instrumentale. Une dernière, et ça craint, me fait aimer le gore.

 

Pour toutes ces raisons, je n'ai pas hésité à télécharger direct le EP de reprises de Oxydised Razor quand j'ai eu le bonheur de tomber dessus. J'ai aimé. A peu près tout. D'abord le nom, le titre, la cover. Ensuite, le son. Extrême, ce disque l'est. Les gaillards, des mexicains!, se frottent aussi bien à l'ancien école death (Carcass - évidemment, Fear Of God), qu'aux nouveaux brutaux (Regurgitate, Meatknife) ou aux grindeux vintage (Haemorrhage). Leur amour du bruit les conduit même à honorer les gloires crust (Anticimex, Shitlickers) et bien entendu leur maîtres vénérés, les riants Mortician. Mortician, la boussole, le cap et le soleil de ces coquins de mexicains. Les chicos en offrent une version conforme aux attentes (ouverture des morceaux par des dialogues tirés de films d'horreur, bruits divers, râleur plutôt que chanteur), violentissime et instoppable, mais enregistrée dans la cave de mémé et masterisé par cousin Pablo. Résultat, c'est confus, touffu, aggloméré et collant. Mon cerveau élevé au souffle de la K7 aime.

Oh, certes, d'aucun pourront rétorquer à cette passion que la formation fait parfois plus rire qu'elle effraie, que le ridicule atteint une sorte d'apogée et que cela ne peut être pris au sérieux le quart d'une seconde. A tous ces incrédules, je conseille Coldplay.

 

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 12:36

http://www.bilderhoster.net/safeforbilder/t9c6ab6p.gif

 

Des fois, tu as besoin de quelque chose de plus fort. Plus fort que Ceremony , mais moins que  Marduk,  quand même, délirons pas. Quelque chose qui envoie méchant mais qui ne verse pas dans l'emphase sonore, murs de guitares surproduites ou symphonie du diable. Dans ce cas-là, il convient de sortir un disque enregistré à l'ancienne, un truc basique et violent, sous produit, low fi, brutal, qui frappe sans vergogne. Le premier enregistrement de Victims est alors préconisé.

 

Victims, ou l'école suédoise dans toute sa splendeur. Cette sorte de croisement entre radicalité du crust et abrasivité du metal tabasse sans répit. Rappelant l'outrance sonore de Loudpipes, le côté blues – punk en moins, Victims décline sur ce EP inaugural, au départ présenté comme une démo, 6 titres énormes. Enfin, c'est juste une question de goût. Postulat AC/DC. Si vous aimez une seule chanson d'AC/DC, vous avez de fortes chances d'adorer tout leur répertoire (enfin presque). Dans le cas de Victims, si vous aimez les tempi d-beat, les guitares aigues et les vocaux aboyés, vous adorerez, cette monstruosité étant agrémentée de quelques refrains énormes, genre les ultimes Mary goes round ou Carusell of pain.

 

Le groupe s'est ensuite calmé au fil des ans. Ils ont grossi, à l'instar de leur son. Ceci dit, comment aurait-il pu faire pire (soit mieux?)

 

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 12:45

http://www.stereokiller.com/newsreviews/newsimage/Rohnert_park_front_small.jpg

 

C'était un jour où je trainais sur internet, soi-disant à la recherche d'informations pour une préparation d'interview. J'étais en fait sur facebook, à la recherche de tout autre chose, une chose de forme féminine, avec cheveux longs et grand sourire. Puis une vidéo est apparue. Dessus, le merveilleux visuel du premier disque de Bad Brains, cet éclair fracassant le Capitole. Clique. Superbe logo, superbe musique, I luv I Jah , des justement Bad Brains. Le clip montre la création d'affiches représentant le fameux visuel. Mais soudain le reggae cesse. A la place, un rock méchant, vicieux, chanté avec une voix chargée de colère. Impression de revenir à 14 ans, de ressentir le choc que m'avait causé Black Flag. J'ai demandé à mes amis virtuels qui pouvait avoir composé ça. On m'a répondu de suite: Ceremony.

 

J'ai téléchargé direct l'album. Depuis quelques semaines que je l'ai, je l'ai écouté une seule fois en entier (13 titres). Je ne l'écoute jamais jusqu'au bout. Tellement d'intensité là-dedans que je passe à autre chose autour de la septième chanson. Et y reviens pour mieux apprécier ce mix de hardcore vieille école et de garage, relevé d'une dose maximale de haine.

 

Ceremony est malin et pas sectaire. Malin, car il arrive à ramener l'excitation sur un terrain depuis trop longtemps laissé aux bourrins et pas sectaire car il sait amalgamer avec classe. Après une intro évoquant Refused, le monstrueux Sick et son rythme lourd emporte tout sur son passage. Sick of Blag Flag/Sick of Cro Mags. Black Flag   justement semble référence incontournable. Ceremony est parfait sur les titres lents et lourds, où il rappelle le meilleur de ce groupe malade qui innovait sévère croisé avec tout l'héritage garage. De là, cette merveille de Sick, le foutu hit Open head ou encore Terminal addiction, titres qu'il est impossible de ne pas passer en repeat. Impression d'écouter tout le répertoire de Crypt Record ( New Bomb Turks, Devil Dogs, Mighty Caesars...) mixé avec la scène hardcore 1981. Et quelle voix enragée! Quand Ceremony accélère, on tombe sur des perles comme Moving Principle, et son refrain en soufflets, ou, plus rapide encore, sur The Pathos, très violente pour le coup. Et quand Ceremony ralentit beaucoup, on se retrouve avec une sorte de trame rock apaisée, chantée avec une vois claire, The Doldrums (Friendly City).

 

Bref, tout n'est pas exceptionnel sur ce disque, juste totalement bluffant, lumineux, mereilleux. A (re)découvrir et vénérer. Et installation directe dans la discographie dorée, entre Black Flag et Victims.

 

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 12:56

 

http://vox2.cdn.amiestreet.com/album-art/Happy-Birthday!-by-Modeselektor__DdFo1xfZzYx_full.jpg

Chroniquer un disque 1. allemand 2. électro 3. publié sur Bpitch Control 4. où apparaît TTC aurait paru une sacrée gageure au rédacteur de ces lignes il y a seulement quelques mois. Mais comme le temps, filtre imparable, permet de ne retenir que les pépites en laisser s’échapper le sable, que le terreau rock – pop s’illustre par sa sécheresse, et que n’importe quelle musique, du moment qu’elle soit bonne, se prête à chronique, voilà où nous en sommes arrivés. A parler d’allemands, jouant de l’electro, publiant leur disque sur Bpitch Control et s’éclatant avec TTC.

 

Ceci n’est toutefois pas une condamnation. Force est de reconnaitre que Happy birthday est réellement tenu par une inspiration supérieure d’un bout à l’autre. Tel un ailier, ruez-vous à l’ouverture et écoutez Godspeed. Un morceau aussi entêtant et énergique qu’il pourrait sans conteste habiller une publicité pour déodorant. Motif porteur, entrain et rythme, puis introduction de la basse. Une basse énorme, qui donne réellement envie de bouger. Oui, tel Ladji Doucouré, vous allez pouvoir transbahuter vos kilos superflus sur la piste de danse sans suer une seule goutte. Grâce au stick Modeselektor !

 

(on dirait pas, mais il s'agit bien de Godspeed)

 

Au demeurant, ce couple de teutons n’est pas aussi bégueule que la plupart de ses congénères. Ces gens, à l’image de leur pochette, signent un disque singulier où recherche ne se départit jamais d’efficacité. De fait, Happy birthday est une suite de hits, ce qui s’avère d’autant plus remarquable que certains supportent, au sens premier du terme, les fatigants TTC. Heureusement, les Mode se distinguent par la profondeur de leur carnet d’adresse, comme on dit dans le milieu du football. De fait, quand d’autres doivent se contenter des featuring du quartier, les Selektor font sonner le phone de stars, ou (presque), Paul St. Hilaire (La Compagnie Créole), Thom Yorke (Public Enemy), les jazz folkeux Maximo Park ou les poupées PuppetMastaz, voire d’autres très connus de leur famille. Ils offrent à tous des compositions dédiées, écrites visiblement pour servir leurs voix particulières, quand les tacherons gèrent ça par mail et un peu à la vas-y comme je t’éperonne. De là, des ambiances singulières, sombres ou au contraire très claires, grand écart parfait entre les profondes forêts d’outre-Rhin et la mangrove des îles du Pacifique.

 

Bref, c’est allemand, plein de machines et pourtant pas fatiguant. On peut même dire que c’est réjouissant.

 

 

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 14:08
http://1.bp.blogspot.com/_Svx63UL0X2o/RYE1XcG0USI/AAAAAAAAADc/1PJLB1BxQnM/s400/GOMM4.jpg

Parfois, le temps est le meilleur ennemi de la musique. Ainsi, l’emballement suscité par un album retombe parfois comme un soufflé quand ce qu’on tenait pour particulièrement inspiré se révèle au fil des écoutes artifice gazeux disparu avec la chaleur du moment. Etait-on fatigué, amoureux, déprimé, saoul, sous l’eau, au téléphone, lorsque les bribes d’une chanson, plusieurs titres, l’intégralité d’une œuvre ont su nous toucher ? L’existence est curieuse, nos émotions capricieuses, notre mémoire poreuse.

La plus juste méthode pour apprécier un disque serait donc de l’écouter périodiquement puis y revenir ponctuellement. C’est ce qu’il se passe avec ceux intégrant notre émérite catégorie (Presque) (Presque) Fameux, soit pas assez mauvais pour être repoussé, mais pas assez bon pour qu’une forme de passion soit autour d’eux cultivée. GOMM a longtemps été rangé dans cette classe-là avant d’en sortir.

L’opus rebutait par son aspect noise. Rangeons sous ce terme une musique contondante, horripilante souvent à dessein, se fichant des canons pop. Cette tendance précise affleurait cependant à la surface de 4, sans parvenir à franchir la barrière de bruit. Et puis, avec le temps, sans comprendre comment, les données se sont inversées. L’aspect bruit est devenu trame sonore d’un délicieux abord. Les mélodies ont su s’imposer en outrepassant leur caractère étrange pour devenir évidentes. De la sorte, 4 s’impose comme un standard de la pop décalée à guitares, à l’instar de Goo des Sonic Youth, pourtant musicalement sans rapport.

Sur les 10 chansons de 4, une seule est nettement en dessous des autres. Sa production est ratée, les voix mixées trop en avant et ce ton sixties sautillant ruinant une pourtant correcte inspiration. Les neuf autres en comparaison lacèrent tout sur leur passage. 4 s’ouvre sur Words, avec ce mot-titre-slogan répété jusqu’à l’obsession, boucles répétitives, sonorités souples mais abrasives. Cette composition donne le ton d’un album aussi colossal qu’intense. Il s’articule autour de la basse, instrument prédominant, joué en des tonalités lourdes et grasses évoquant carrément Motorhead. Ce fil directeur reçoit le renfort de la batterie, les percussions étant placées bien en avant, comme chez les géniaux Tokyo Police Club, le reste n’étant que chair, certes particulièrement affriolante, sur un squelette stupéfiant de vigueur.



GOMM est percussif, rythmique. Toute sa puissance part du ventre. Tout son dynamisme allie la rigueur des machines aux faiblesses des humains. I feel off, avec ses paroles franglaises, ses rebondissements, la puissance de son refrain, ou le dyptique It’s not easy / To be your friend, dont la seconde partie n’est qu’un plongeon vertical de plusieurs minutes, sont les monumentales illustrations de cet art du clair – obscur, aussi énergique que contemplatif, violent qu’abattu.

Pour avoir cherché sur le net et n’y avoir trouvé que des vidéos live, il est facile de concevoir que GOMM n’a pas reçu les réels moyens de promouvoir 4, à moins que le groupe ait mal utilisé ses subsides. Les quelques captures de concert résument assez mal la folie et la nécessité même de 4. Un pur gâchis. Et puis cette question : qu’est devenu aussi précieux quatuor ?


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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 13:00


Selon une enquête réalisée par le laboratoire pharmaceutique Pfizer dans douze pays d'Europe, pour améliorer leur vie sexuelle, trois hommes sur cinq souhaiteraient une érection plus durable et plus rigide. 30% des hommes de 25 à 64 ans n'obtiennent pas d'érection suffisamment rigide. Ils ne sont que 13% en France.
Ce constat, que nous devons aux mécènes Pfizer, permet d’établir deux choses. La première est qu’une érection insuffisamment rigide est un problème dans seulement douze pays d’Europe. La seconde est que les mâles français sont doublement plus menteurs que leurs homologues européens.

Il est des choses qui pourtant semblent moins trompeuses que ces vaniteux de français. Ainsi, ce disque charnière dans la carrière de Carpathian Forest, dont l’accroche renseigne sur les véhémentes velléités : True norwegian necro black metal. D’aucuns, méconnaissant tout de l’œuvre de ce philanthrope de Nattefrost, se demandent déjà ce qu’est ce vrai norvégien nécro métal noir. Eh bien, pauvres jazzmen qui s’ignorent, apprenez qu’un tel disque s’envisage d’abord à sa pochette. Le visuel de Defending the throne of evil est en cela un cas d’espèce. Tout est là : la forêt en arrière-fond, le logo agressif cerclé de barbelés, les têtes de boucs, l’écriture gothique. Ensuite, les titres. Déjà l’intitulé promet : Défendre le trône du mal. Dans ces valeurs inversés, là où le blanc devient noir, nos sympathiques chantres du bonheur endiablé signent des morceaux tels It’s darker than you think, Christian incoherent drivel, Gold murderous music ou le diptyque Nekrophiliac/Anthropophagus maniac.

Cependant, la défense du trône du mal n’use pas des mêmes armes qu’auparavant. Par le passé, nos septentrionaux amis nous avaient habitués à une pure sauvagerie - riffs puissants, tempi appuyés, voix braillées, violence incontinente. En 2003, une touche mélodique apparaît. Certes, les amateurs de MGMT la trouveront notoirement insuffisante, mais néanmoins elle existe. Car bien plus que la guitare, c’est le clavier qui domine l’opus. Comme dans un film de vampires, cet instrument dédaigné des thrasheurs accompagne l’action, lui donne un côté emphatique, la suscite même carrément sur certains titres. L’inversion est alors complète, et la Forêt des Carpates ne défend plus le trône du mal avec son lot de guitares épées et basses boucliers, mais en se rapprochant dangereusement de la mélodie honnie.

A l’arrivée, le constat est mitigé. Certes, Defending the throne of evil est un album délivrant son quota de pure dure agression, ce que notre rédaction aime. D’un autre côté, on se sent un rien floué par l’approche. Pour nous, fans de Venom et Hellhammer, du vrai true norwegian necro black métal n’a que faire d’autres instruments que guitares, basse et batterie, le tout joué dans des accordages si bas qu’ils tutoient la cave, l’ensemble dégorgeant à grands flots de démentiels océans de haine. En ce sens, au regard de la discographie torride des norvégiens, et au-delà des rivalités de chapelles (ahahah), pareille évolution mélodique déçoit un brin. Le vrai true n’en est donc pas un. Norvégiens, vous êtes aussi trompeurs que ces soi-disant priapiques de français !


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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 12:58
http://damrod.da.funpic.de/Feature/thepsykeproject.png

Un visuel raté peut définitivement détourner d’un disque. Chez (Presque) Fameux, nous recevons énormément de disques dotés de visuels affreux. La musique contenue dans les dites pochettes s’avérant elle-même souvent (très) mauvaise, la correspondance entre les deux éléments concourt à une sorte de parfait équilibre. L’ennui est qu’il nous arrive de recevoir d’exquis objets présentés de façon cauchemardesque. Tel est le cas de Apnea.

Non, franchement, qui a eu l’idée de soumettre cet atroce dessin au groupe ? A la suite de quelles pressions, ces danois, pourtant un peuple pas si commode, ont été obligés d’accepter ? Comment le distributeur n’a pas songé à opposer là-dessus un autocollant quelconque afin de tempérer l’horreur ? Quoiqu’il en soit, c’est ainsi défiguré que Apnea est arrivé à la rédaction. Aucun employé n’osait le toucher, tous ayant une peur bleue d’attraper le virus de la nullité en le déballant (la nullité se transmet par contact, comme le syndrome de la grippe chatale, ici on le sait d’expérience). Au final, aucun miasme infamant à déplorer. Juste un étourdissant coup de massue.

Apnea porte superbement son nom. Ce CD jaune vif (décidément, les goûts et les couleurs, quelle catastrophe) attrape celui qui l’écoute par les oreilles et l’immerge violemment dans son monde. Et ce monde est brutal. A peine note-t-on, après un sévère pilonnage, un retour au calme et à la mélodie sur le dernier titre, Not in my name, plongeon vertigineux de plus de 8 mn. Troisième album du groupe, qui en a sorti un nouveau en 2009, Apnea se distingue par la superbe de ses ambiances et l’aptitude du groupe à les moduler. S’il ne va ainsi pas sans nous rappeler quelques belles formations par ici chroniquées, le chemin emprunté par ces fieffés danois est nettement plus extrême que les autres. S’épanouissant à mi chemin entre métal, genre Mastodon, et hardcore, style Converge, TPP ne dédaigne pas des détours vers le grind, voire le thrash, mais plus surement vers la musique épique telle que l’envisage un Neurosis. Bref, vous aurez compris que Apnea demande de retenir son souffle pour être appréhendé.

Ne pas relâcher la pression, jamais. A ce petit jeu, TPP fait merveille. En 10 compositions, oscillant entre 3’16 et 9’32, le quatuor déploie un jeu bluffant jusqu’à l’épate. Sur des territoires passablement densifiés, il arrive, cela est si rare, à imposer d’emblée sa marque. Pas originale dans sa constitution même (clarté, montée, explosion, décrue), mais vraiment très personnelle, terme s’appliquant aux grandes formations hors-normes, ces Grade, Will Haven et autre Bleach. Attaquant de front, cette musique prend aux tripes, et il paraît évident que c’est à ce seul usage qu’elle a été écrite. Et puis, quel chanteur...

Alors certes, voilà un disque à ne pas confier à tout un chacun. Mais vous ne lisez pas ‘le meilleur bloczine au monde’, dixit David Douillet, pour savoir quoi offrir à maman pour Noël. Hein ?

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 13:00
https://www.bootlegbooze.com/shop/images/born_to_loose_cover.jpg

Dans la rubrique intitulée ‘(Presque) (Presque) Fameux: les désolés’, le texte d’introduction est le suivant : ‘Il est des disques qu’on aime d’emblée, d’autres que l’on déteste immédiatement, puis il y a ceux qu’on conserve, afin de voir si le temps ne les rend pas meilleurs. Ce processus marche assez peu, sauf exception. Les désolés ne sont donc pas de mauvais disques. Disons que ce sont nos oreilles qui ne sont pas assez ouvertes, ou trop, voire les deux à la fois.’
Et effectivement, ce procédé marche assez peu. Heureusement, il existe des exceptions qui confirment la règle, permettant par là même à cette rubrique de perdurer (et accessoirement trouver une justification).

Reprenons les affaires en 2006. Skinhead OM me donne ce promo, stipulant à son sujet ne rien avoir à déclarer, ce qui en soit s’avère infamant. J’écoute donc le dit disque au fil de voyages à bord d’el coche et, lassé d’entendre du sous-Rancid, l’abandonne dans la cage d’escaliers. A voir plus tard.

Trois ans plus tard, je ressors le disque et l’écoute. La première audition ne dérange en rien ma lecture. La seconde est accompagnée par le rythme marqué d’un de mes pieds (j’en ai deux, chance). A la troisième, je reconnais les intros des titres forts. Bref, il en va avec Born To Lose comme avec AC/DC vintage : si vous aimez une chanson, vous aimerez probablement toutes les autres. Et il y a de grandes chances que vous ne puissiez rien faire contre cela.

Bien entendu, BTL n’a rien inventé. Ni dans le look, ni dans la pose, ni dans le portage de canettes, éléments semblant d’ailleurs occuper dans l’univers du groupe une place essentielle. Ces vingtenaires à taille large semblent excessivement fiers de la scène punk dont ils sont issus, scène qu’ils vénèrent et honorent à quelque occasion que ce soit. Une des plus belles, lorsqu’on maîtrise un nombre suffisant d’accords, est d’enregistrer de révérencieux morceaux. Après quelques essais discographiques confidentiels, les gaillards d’Austin (Cote d’Or) ont choisi de rendre leur punk rock davantage mélodique. Une tactique payante : Sweet misery est l’album de leur révélation.

Fort en gueule et gorgé de sentiments, voilà les fondamentaux de pareil opus. Pour atteindre tel équilibre, BTL s’est approprié la formule Rancid : mélanger virile camaraderie et grand cœur. Ne vous étonnez donc pas de l’importance des chœurs. Ici, les oooh oh oh oh oooh ! sont de rigueur. Savamment travaillés, minutieusement ajustés, ils portent le disque d’un bout à l’autre. Côté instrumentation, Rancid partage son titre d’influence principale avec un bon paquet de groupes engrainés. Véritable creuset, Sweet misery est la rencontre du punk rock anglais, street punk américain et punk rock mélodique suédois. Vous n’entendez rien à ces sous-genres ? Aucune importance. Retenez simplement que BTL joue un rock facile d’accès et aisé à mémoriser. De là, des chansons se ressemblant toutes, pour notre plus grand bonheur. Pas mal de hits dans le tas, le plus évident restant Place & times (que (Presque) Fameux, avec sa grande bonté, ne vous propose pas d’écouter).

Bref, pas un grand disque, mais un bon disque. Pas un grand groupe, mais un bon groupe. Une valeur sûre. Un héritage intemporel, en quelque sorte...

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 12:38

http://medias.fluctuat.net/albums-covers/3/1/6/album-16613.jpg

 

J’étais très heureux d’entendre Tetard l’autre jour sur la radio publique. Je ne connaissais pas cette chanson, si bien que, plongé dans FIFA 2006, je me suis pris à croire que Tetard, l’ami David Tetard, avait enfin sorti un nouveau disque. Pas trop tôt. Depuis 2007, nous étions (presque) sans nouvelles du gaillard. Le titre radiodiffusé, comme on disait en 1953, était plutôt pas mal, bien dans son optique, bonne mélodie et toujours cette drôle de voix. Sauf qu’à sa conclusion, le fonctionnaire officiant au micro a lancé le nom de Renan Luce.

 

Ainsi donc, non content de signer de magnifiques chansons confidentielles depuis 2002, année de sortie de 12 pures chansons, l’homme voit désormais sa formule éhontément dupliquée par d’autres, lesquels, encensés, la cède au grand nombre. L’œuvre de Luce Renan étant à dessein méconnue chez nous, je ne pourrais me prononcer sur l’étendue du clonage – simple emprunt ou total pillage. Force est toutefois de reconnaitre qu’à ce sujet, et d’un point de vue strictement musical, Tetard n’a lui-même rien inventé (qui d’abord ?). Des chansons acoustiques chantées avec une voix claire, en France on sait faire. Qu’elles causent d’amour et de ses vicissitudes n’arrangent rien à l’affaire, bien au contraire. Ces données de base formulées, précisons que Tetard excelle dans l’art de les recombiner. D’essence classique, elles n’en prennent pourtant pas moins une dimension (presque) souveraine dans leur dépouillement étudié. On les a déjà entendues, du moins croyait-on les avoir entendues. Elles ne demandaient en fait qu’à être écrites pour envoûter nos tympans. Ces petits bijoux rénovent un rien le conformisme pour imposer leur force facile. De là, de grandioses hits, tels le merveilleux Au bord de l’eau, présent sur son second disque, Mes dix doigts (2005).

 

Sur Faudra faire avec…, la palme de l’envoutant, de l’obnubilant et du (presque) indispensable revient à On verra bien demain. Ritournelle d’ouverture entêtante, guitare sèche, paroles terribles de lucidité et d’espérance, quasiment un cours d’écriture à tous les niveaux. Plus rock et plus sec, mais pas moins terrible, La tête la première s’érige tel un classique, oui oui, grâce à ses chœurs décalés et bruitages à l’avenant, et toujours ces lyrics adéquats, entre attirance du concret et appels du grand large. OK, souvent Tetard cède au conformisme, lorgnant alors vers les étendues déjà empruntés par d’autres. Les prises de risques sont alors minorées, les sons plus convenus (soulignons à ce propos l’excellence la production de l’album, de la belle ouvrage), le moule presque parfait. Exemple typique, Le silence et la pose, qui évoque irrésistiblement une certaine scène française, peut-être parce que l'opus a été travaillé en collaborration avec un Louise Attaque, tant, va savoir... Mais quand Tetard se laisse parler totalement aller, le produit de son intégrité donne des flashs superbes, genre Ca m’aurait plu, dont la concision n’égale que la beauté. Olé !

 

Une fois, le garçon nous est apparu à la TV. Nous nous attendions à un poids plume genre Renan Luce, et un lutteur a empli l’écran. Ainsi donc, Tetard David est un colosse à la voix tendre, un mastok s’excusant (presque) de prendre tant de place, de squatter notre temps. Drôle de surprise et une impression expliquant cette satané confidentialité. Le fait qu’elle perdure et l’étouffe à l’image des sublimissimes Dillinger Four sur la scène punk rock mélodique, atteste qu’en ce bas monde, l’agitation est préférable au talent (porte ouverte ! porte ouverte ! hurle el pendu, rédacteur en chef qui pourtant n’a rien biffé).

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 10:21

  http://deadbird.free.fr/fly/h/art.jpg

La question parfois m'assaille: pourquoi n'ai-je pas parlé de ce disque? Elle revient souvent l'été, heure du bilan chez (Presque) Fameux. Le temps s'arrête momentanément, permettant de regarder en arrière, considérer l'ensemble d'une saison. Et, Tour de France en fond visuel, d'extirper des disques. Des opus que j'ai écoutés, (presque) aimés, pas écartés. Mais pas chroniqués pour autant. Illegal Process fait partie de cette caste maudite.

 

Skinhead OM a dû me donner ce disque en 2007, date de sa sortie. Aucun commentaire, ce qui signifiait que ce promo ne risquait pas de remplacer ses K7 de hardcore 1982 auquel l'homme est accroché. Je trouvais pour ma part cet album sympathique. Mais sa date de sortie était largement dépassée, et je n'appointais pas encore à ce blogzine (fameux).

 

Et le temps de passer de passer de passer. Un nouvel été. Nouvelles chaleurs. Nouvelles fièvres. Ouvertures de tiroirs. Disques oubliés. Ecoutes. Nouvelles remises au tiroir. Rares consécrations.

 

En 2009, The art of Disobedience me paraît un album tout à fait fascinant. Certes, le groupe montpelliérain n'invente pas la poudre sur cet album inaugural. Mais quelle façon de la faire parler! Quelle maestria! Parlons technique. Le combo croise ici influences punk, hardcore et metalcore sur le terrain du rock, une sorte de drôle de rencontre entre Refused, Converge, Black Bomb A chez New Bomb Turks. Si telles réunions sont usuellement juste prétextes à bruit, nullement raffiné on s'en doute, dans ce cas précis, la symbiose est merveilleusement réussie. Tout le talent de la formation est de prendre le meilleur des genres évoqués, le synthétiser ou l'agglomérer. Du punk, cette attaque farouche, toujours renouvelée, cette vague de haine, violence et dégoût. Du hardcore, l'approche musicale, rude, basique, primaire, décharges hormonales et libérations essentielles. Du metalcore, ce côté transgenre revendiqué, cette inclinaison délibérée à la monstruosité. Enfin, du rock ce côté humain, chaud, groove, quasiment roots, qui apporte à l'affaire un supplément d'âme lequel, sans conteste, aurait cruellement manqué à cette machine à bruits.

 

Les premiers disques, on le sait, sont souvent les meilleurs, ceux qui contiennent la substantielle moelle d'une formation. Je ne sais pas comment Illegal Process, aujourd'hui RIP, a évolué (et suis prêt à l'entendre – envoyez vos disques, je les chroniquerai en 2012), mais ce qu'on entend sur The art of Disobedience est tout bonnement réjouissant. Passage de clavier sur At least we tried (quel titre, quelle chanson!), pop vitriolée sur Conspicious defect, sample fantastique sur l'intense The art of Disobedience, 37 secondes d'agression réussie sur Ballads are for lonely assholes like you, brisures et virulences sur PLOUC (qui fait irrésistiblement songer à un groupe sudiste malheureux, Nemless), le final majestueux de Straight from the heart

 

Le tout est survolé par un chanteur à la voix stupéfiante, à la constante abrasion, et activé par un groupe cohérent. Paraît que ces gens donnaient des concerts de haute volée. (Presque) Fameux, toujours 3 ans de retard sur les autres, n'a pu vous voir, sudistes amis, et il le regrette! 



Surprenante, cette vidéo. N'hésitez pas à la contempler jusqu'au bout, elle s'avère bien plus qu'une archive live. Et bises à toi, Super Beatnik!!
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