Ecoute!

Découvre la bande son (presque) intemporelle de (Presque) Fameux!
Des Beatles à Napalm Death, de Nirvana à Dutronc, viva el best-of évolutif en lecture aléatoire live!

Pump up le volume!





Au fait, (Presque) Fameux décline son concept sur le (presque) Myspace
Jeudi 5 novembre 2009

10h. el pendu débarque dans l’open space. Fait notable, il court.
- Ndaref, on a fait un papier sur le dernier The Black Heart Procession ?
- J’ai mis M. Courgette sur le coup.
Il crie ce nom à tue-tête. Je lui fais remarquer que M. Courgette est assis face à moi. el pendu l’observe comme s’il le voyait pour la première fois, lui adresse un signe de tête mécanique et reporte son attention vers moi.
- Un problème ?
- J’ai réalisé cette nuit que nos principaux concurrents avaient chroniqué ce disque depuis un bail. Je ne l’ai pas trouvé dans notre base de données.
- Logique. Aucun rédactionnel n’a été fait. J’ai quand même passé l’opus à M. Courgette.
- Sa chronique est terminée ?
- Demandons-lui.
- Pas la peine. Qu’il consigne simplement que Six, produit et enregistré par le groupe au cours des deux dernières années, est sans doute l’album le plus riche émotionnellement depuis Three. Une collection de ballades dignes de Leonard Cohen, Johnny Cash, Twisted Sisters ou Tom Waits.
- Ca, il doit pouvoir le lire sur le dossier de presse, non ?
- Pas besoin d’en dire d’avantage.
- Pourquoi ne pas se contenter de publier des suites de communiqués officiels, alors ? On gagnerait du temps et économiserait du personnel.
- Certainement.
- De toute manière, je suppose que les autres chroniques ne doivent guère s’écarter de cette bible. Toutes doivent être élogieuses, non ?
- A raison !
- Personnellement, je préciserais, si du moins (Presque) Fameux a encore pour vocation de soumettre une réelle opinion, que ce disque, après une introduction superbe, pèche par sa longueur. Trop long, trop sombre, trop lent. Lumineux, spectral, envoûté, mais enclumant.
- Que M. Courgette se souvienne plutôt du communiqué de presse et qu’il le paraphrase. Je veux de l’élégiaque, de la courbette et de la pompe, mais surtout du rapide.
- Pas une seule note critique ?
- (Presque) Fameux doit se fondre dans le chœur des voix unanimes. Eloges : disques : rétributions. Se passer de cette dernière notion signifie disparition. La presse musicale semble pouvoir se dispenser de nous, voire se dispenser d’elle-même tout court, je ne tiens pas à ce que la blogosphère agisse à l’identique. Le Big Bad Boss ne l’entend pas comme ça, en tout cas. Donc pas de vagues. Que du validé. Et tout ça dans l’entrain, le fol émoi, l'immense sourire !
Je médite cette information un instant. el pendu me tourne le dos et s’en va en courant. M. Courgette m’observe, bouche ouverte, air ahuri.
- Ecris au lieu de bailler aux corneilles : ‘Les clowns de San Diego reviennent avec un album d’une joviale noirceur qui séduira tous les enfants de 0 à 666 ans. Trompettes, claquettes et grosses caisses se liguent autour de titre aussi amusants que Suicide ou When you finish me, l’impayable fanfare sublime l’amour des Drugs et des Rats avec un bonheur communicatif, la voix guillerette du chanteur roule de jeux de mots irrésistibles en imitations fantaisistes sur ce Last chance déluré et candide. On crie, on tape des mains, on rie de leurs facéties. Ah, qu’il est bon de s’amuser entre amis !’ Intercale là-dedans des morceaux du dossier de presse et fignole au sourire. Puis mets en ligne direct.

Par Ndaref - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 30 octobre 2009

Pourquoi regarder cette vidéo ?

Tout simplement car elle est historique, mon ami. Personne ne peut contester aux Troggs, et surtout pas toi, le titre de princes pop. La script du clip, médium encore balbutiant en ces sixties triomphantes, a de surcroit l’infime bonheur de tenir sur le médiator de Santa Rita.


Je ne perdrais pas mon temps, vraiment ?

Nous dépassons là le stade du (presque) fameux pour voguer vers les rivages dorés du Fameux renommé. Incontestable, imparable, intemporel.

 

Que sont-ils devenus ?

Des légendes. Leur chanson est inscrite dans notre patrimoine génétique. Tous, de Pop Iggy à Halliday Jony l’ont repris. N’oublions pas la version donnée par les 3 Lièvres Géantes, électroniquement dantesque.

Par Ndaref - Publié dans : Comment j'augmente ma fréquentation - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 27 octobre 2009


En l’an de grâce 2008, (Presque) Fameux vous narrait l’aventure fabuleuse arrivée à une personne de sa connaissance. L’homme avait été aux prises avec un ficus kaléidoscopique. Aussi étrange que cela soit, la plante avait vu ses gènes partir en vrille sous l’effet d’une stupéfiante musique. L’homme s’était accommodé du végétal comme du disque perturbateur, tous continuant de vivre leur heureuse vie suburbaine. Et puis, ces choses arrivent, le gaillard est tombé amoureux. Et puis, vous savez comment est la love, il a du, une fois encore sous la pression d’une chérie, se débarrasser de quasiment tous ses disques (à l’exception des opus de François Claude, Naref Paul et Golden Boots) mais également de son ficus.

Voilà comment M. Courgette l’a récupéré. Depuis que le gouvernement oblige à rémunérer les stagiaires, leur valse a cessé et nous avons embauché. Dernier arrivé, M. Courgette se voit attribué toutes les basses tâches et la plupart des disques imbitables. Signal morning de Circulatory System a donc logiquement atterri dans ses enceintes. Le groupe, formé par un ex The Olivia Tremor Control, a mis quelque chose comme huit ans pour l’enregistrer. Si el pendu n’était pas tant occupé à la TV, il vous sortirait sans doute le dossier de presse à la virgule près et la liste des studios où ces titres ont été enregistrés, mais en son absence, débrouillez-vous. Retenez simplement que cette (presque) décade a été consacrée, si l’on s’en tient à la stricte audition de l’objet, à la folie. Pas facile de surprendre aujourd’hui. Circulatory System y parvient en brouillant totalement les pistes et en s’autorisant des choses que vous n’entendrez jamais chez The Ting Tings. Pour se faire, la formation use de deux armes efficaces : le psyché-rock et la téléportation. Semblant avoir gobé des tas d’acides et être tombé dans un tunnel les ayant reconduits en 1969, bien bien à l’ouest de Macao, Circulatory System joue avec les aiguilles du compteur en visite d’autres époques (1977, 1992, 2036) avant de revenir vers sa base sixties. Ok, c’est un peu perturbant, limite chaotique, mais au moins avec eux on voyage. Parfois, nos amis ont la main lourde sur les produits addictifs, aussi oublient-ils toute notion d’audition. Pas mal perturbés, ils zappent à qui mieux mieux et s’embrouillent un rien les crayons, pour un résultat aussi sismique qu’un collage vidéo exécuté par Ray Charles. Le parasitage est (presque) en sa maison sur Signal morning, avec des tas de bruits annexes ou périphériques - radio, jeux, automobiles, et un mixage de la voix tout à fait aléatoire. En somme, ce travail, génial ou inécoutable, au choix, ne peut laisser personne indiffèrent.

En ce qui concerne M. Courgette, c’est son nouveaux ficus qui n’est pas resté de marbre. L’écoute répétée de Signal morning lui a occasionné rien de moins qu’une poussée de... bananes. Courgette, bananes, système circulatoire ? Et si (presque) Fameux réalisait la (photo)synthèse de Bio Magazine et Science et Vie ?
 
Par Ndaref - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 23 octobre 2009


Chez (Presque) Fameux, nous assistons, impuissants, à l’actuelle inflation de disques flok acoustiques. Ce créneau, vendu sous le concept d’émotion brute (ahahah), s’incarne généralement autour d’un homme, si possible maigre et beau, ou une femme, si possible avec voix grave et corps bronzé, hurlant ses émotions en s’accompagnant d’une guitare sèche. Horreur. Chez (Presque) Fameux, on n’en a plus qu’assez. Comme pour les pellicules, on dit stop ! Cessez. Arrêtez, car tout a été dit, tout se ressemble, tout se copie. Mince, pourquoi supporter une fois encore un disque qui ne nous apprendra rien ? Vous rétorquerez, si du moins vous partagez cet avis, que tels opus apportent un calme souverain, une sensation de réconfort, la chaleur de ne pas se savoir seul. On vous rira au nez, si du moins on prend la peine.

A ce flok consensuel, (Presque) Fameux préfère ce disque de Califone. De la musique de cowboys, le genre de truc qui pousse nos comptables à sauter sur leurs Harley Davidson du dimanche pour rouler vers les étendues du grand Ouest, direction la Bretagne pouilleuse, kenavo les bouseux ! Un enregistrement où triomphe la rêche six cordes, la voix du chanteur, le violon et tout en tas d’instruments dont Anti-Cimex, gloire à eux, n’a jamais usé. Califone, dont la discographie impressionne, s’avère au demeurant un crew (crou) de garçons vachers jouissant d’un spectre inspirationnel sacrément large, pour des garçons vachers. De fait, la country et les ambiances western sont revus au prisme d’une bizarre transe (Giving away the bridge ouvre la danse avec ses 6’36), du gling gling flower power (Ape like) comme au plus beau moments hippies, ou de la valse irlandaise, le groupe faisant ronfler ses cordes tristes tels des Pogues du Kentucky (Evidence). C’est cependant en se frottant aux tendances rock underground, dans l’acceptation qu’on se faisait du terme le 6 juin 1995, que Califone prend à la gorge. Loin d’être percutant dans sa construction ou rapide dans son tempo, Funeral singers, sans nul doute le meilleur morceau du disque, évoque plus que sûrement un groupe auquel le timbre du chanteur renvoi, Jawbreaker. Une sacrée référence, enfin vue de nos bureaux. Bref, ce sacré grand écart permet à All my friends are funeral singers (ahaha !) de procurer une attention (presque) soutenue (presque) tout du long, l’ensemble renforcé de petits interludes et les trouvailles musicales.

Bien, le cas de ce disque acoustique étant réglé, le personnel de (Presque) Fameux peut se replonger dans l’étude attentive de la scène crust japonaise. Sayonara, gringo !



Par Ndaref - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Lundi 19 octobre 2009
http://popmusicology.files.wordpress.com/2009/07/heavy.jpg

Bonjour, je m’appelle M. Courgette. Nouvellement embauché chez (Presque) Fameux, mon travail inaugural consiste en la chronique du second opus de The Heavy.

Pour le réaliser, j’ai du prendre en compte les propres sentiments de deux de mes supérieurs. Pas de gaité de cœur.

Ndaref est le plus proche. Après avoir déblatéré sur ses ennuis de façade / ordinateurs / genou / vélo, il jette théâtralement le disque sur le bureau, lequel glisse vers la poubelle, où il a choit. Ndaref déclare qu’il y est à sa place, ce groupe l’ayant salement déçu. Il ne retrouve en effet que par intermittences le son merveilleux magnifique superbe mythique qui imprègne Great Vengeance & Furious Fire, leur premier disque. Certes, il apprécie le sample tiré de I put a spell on you et son recyclage malin sur Sixteen, le baroque western de Short change hero, ou encore le miel pure fleur de Stuck, qui revient sur les ambiances aériennes oniriques stratosphériques de leur premier album. Il peut écouter ce titre des heures durant. Mais là... Ndaref n’apprécie guère le tournant rock garage du groupe, pas vraiment une évolution pure, d’après lui une déplorable aggravation. La première chanson de l’album lui semble signée des Dirtbombs, c’est dire. Pas qu’il déteste ce groupe, mais il attend autre chose de The Heavy, fichtre. Et ce genre d’impression, en pointillés sur Great Vengeance & Furious Fire a tendance à se répéter au cours de The House That Dirt Built (un titre bien bien crust au demeurant). Le son lui parait trop lourd, les cuivres s’effaçant pour laisser place à une sorte de hard-rock vintage (il grimace). Il me parle de barbus et de lunetteux, puis avance que tout cela est lié à la disparition d’un membre. En se débarrassant de cette superbe fille, les anglais laissent parler leurs hormones mais s’amputent d’une bonne partie de leur charme. Mince, tout ça le dégoute...



el pendu chapote Ndaref (lequel supprime sciemment les majuscules du nom de notre rédacteur en chef). Je n’ai guère l’occasion de voir el pendu, qui passe son temps au téléphone et en entretiens, avant de disparaître vers la radio pour finir par discourir à la TV. D’après Ndaref, son jeu favori est d’apprendre par coeur les dossiers de presse, une sorte de maladie mentale nommée professionnalisme bélier, d’après lui. Quand j’arrive à le coincer et lui demande un conseil pour au moins angler mon papier sur The House That Dirt Built, et ainsi le fondre dans la ligne éditoriale, il me répond du tac au tac : ‘Mixé et produit par Jim Abiss (bien connu pour avoir travaillé avec Arctic Monkeys, Adele, Nasenbluten et Kasabian) et avec The Noisettes sur trois morceaux (The Heavy a tourné avec eux, ils sont tout de suite devenus amis), The House That Dirt Built représente un pas énorme par rapport à leur déjà fantastique premier album Great Vengeance & Furious Fire. Ce second album, contrairement au précédent et grâce à leur expérience du live, est un vrai album de groupe. Comme le rock 'n' roll des débuts, le blues et le rhythm & blues qui l'ont influencé, The House That Dirt Built est énorme, drôle, terrifiant et sûrement même beau. C'est, en fait, une maison dans laquelle vous reviendrez, encore et toujours’. Il me plante là.



Finalement, j’écris mon papier en insistant sur la puissance de Sixteen. Le groupe avait déjà placé quelques morceaux sur des pubs, il cartonne maintenant à la radio avec ce vrai gros hit, morceau rebondissant, imparable. Mixant les avis de Ndaref et d’el pendu, je précise en outre que le visuel est lamentable en comparaison de celui de Great Vengeance & Furious Fire, et que The Heavy procure une surprise identique à la publication du second LP de The Specials, rompant alors avec la scène ska de 1980. Je fais lire ça à Ndaref. Ouais, Sixteen... Tout le monde tombe dans le panneau, pas vrai ? Pourtant, le morceau tuant, c’est Stuck. Ah, bien vu le portrait d’el pendu. Bien saisi. T’as omis ses tendances cannibales, cependant. Eh, génial l’ouverture Specials ! Tu connais le second disque ? T’es un des rares... Ouais, (presque) bien, tout ça. Bienvenue au club, M. Courgette !
Par Ndaref - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 16 octobre 2009
http://ecx.images-amazon.com/images/I/51LRVOIRvSL.jpg

Chez (Presque) Fameux, on considère le mouvement post-rock avec une certaine suspicion – ce que vous n’êtes pas sans savoir si vous tournez quotidiennement les pages de ce blog numérique. On pourrait vous expliquer des chapitres durant le pourquoi du comment, mais bon, à la réflexion non. Nous ne le ferons pas, car nous ne nous sentons pas le droit de dénigrer un mouvement musical, quel qu’il soit, surtout s’il procure contentement à des barbus à lunettes (ils portent parfois ces accessoires pileux ou visuels à l’intérieur de la tête).

Les choses étant posées, nous allons néanmoins exposer sous notre fascinante poursuite un groupe clairement estampillé post-rock. Distorsion mentale, poussée de barbe drue sur nos joues efflanquées ? (Presque). Russian Circles n’est pas le premier groupe de ce genre dont nous parlons. Il est simplement l’auteur d’un grand disque qui nous a séduit dès sa prime écoute. Son titre d’ouverture, Fathom, a clairement capturé notre attention avec son côté clairement Pixies, le Pixies tel qu’on l’aimait, progressif, puissant, lunatique, intransigeant.



Le plus difficile était fait : interpeller. La suite de Geneva (Vilnius en langue cochère) est le digne prolongement du morceau inaugural. Énormément de force, de vigueur et de dynamisme, mais une égale propension au fragile, à la suspension, au romantisme. La collision de tant de sentiments divergents produit des titres éminemment contrastés. Ainsi, Geneva, titre phare, où les riffs metal et les passages de percussions appuyés nous tirent de grands sourires. Ainsi, Hexed all, plage de 4’30 de sons apaisants. Entre les deux, RC furète, sortant les grosses guitares pour la cavalcade Malko et de moins attendus violon et violoncelle sur le poignant (trop ?) Melee.



Grand nombre de groupes post-rock jouent sur pareille alternance. Des très bons, ici chroniqués, et d’autres plus épouvantables, dont vous n’entendrez chez nous nous jamais parler (remember notre slogan : Si c’est pas là, ça n’existe pas). Après moult écoutes, nous avons trouvé ce qui distinguait RC de ses pairs. Outre la force des compositions, cela tient essentiellement au son. En ce sens, les américains ont choisi la même option que les suisses de When Icarus Falls. Le côté métal est affirmé jusqu’à la revendication. On craque sur la guitare qui fait crrrrrrr. Ensuite, la production. Le trio jouit d’un spectre sonore étendu, où chaque instrument est parfaitement mis en valeur. La basse est lourde, sourde, massive, et ça, ça nous plait aussi.

Bref, on aime. Reste que, live, le trio va avoir bien du mal à rendre un produit aussi perfectionné. De même, la narcolepsie risque de gagner les spectateurs s’il s’aventure de jouer Geneva en intégralité, certains titres étant aussi oniriques que longs. Enfin, les barbus à lunettes, mais plus globalement tous les glamstonersmetrohypeurs (nom d’un
courant tenté – en vain - par el pendu) verront bien...
Par Ndaref - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires - Recommander
Mardi 13 octobre 2009


Finalement, on aime bien le label Fierce Panda, à la rédaction. Bon, je sais que ce genre d’affirmation lancée au débotté laisse le lecteur particulièrement indifférent, à moins qu’il ne croit lui-même, suivant notre stérile modèle, que le fait d’inscrire ses marques préférés sur papier fasse rejaillir sur lui leur prestige (Decathlon, Renault, Cochonou). On aime en fait d’autant plus Fierce Panda que cette maison de disque a le bon goût de produire les albums de The Raveonettes.

Ah, les Raveonettes, ça nous plait encore bien plus que la prétendue verte Mercedes GLK 220 CDI BlueEFFICIENCY (6,0 litres au 100 km en cycle mixte, 400 Nm de couple, 205 km/h en pointe). Nous vous avions déjà expliqué, sur la chronique consacrée à leur désormais avant-dernier album (papier si brillant qu’il a été salué du crayon d’argent au dernier Burzum Press), l’ampleur la force l’intensité de l’amour que nous leur portions. A la réalité, il nous paraissait (presque) impossible de faire mieux que Lust lust lust. Cependant, 2009 voit revenir le duo armé d’un opus tout bonnement délicieux. Car, plutôt que de tenter de battre leur précédent enregistrement sur son propre terrain, il en a changé (de terrain).

Appréhendé de la sorte, le lecteur est en droit de se dire que les Rave se sont mis à l’acid house ou qu’ils se sont laissés poussé barbe et lunettes pour mieux se positionner post-post rock. Que nenni, ami ! Les Rave sont toujours (presque) les mêmes. Sur In and out of control, ils ont juste cessé de vouloir rivaliser avec le fantôme de Jesus and Mary Chain et ont davantage mis en avant leur côté pop. On savait les comparses fascinés par le son des années 60, forge de si belles mélodies. On ne les pensait peut-être plus capables de tels actes de candeur. Bang !, le titre d’ouverture, sonne comme un inédit des Ramones revisité par les Ronettes, genre. Un peu de piment (Bang !), beaucoup de sucre glace. Ce véritable condensé de ravissement augure un disque qui accole tendresse pure et drame latent. Les titres définitifs (Gone forever, Oh I buried you today), orgiaques (D.R.U.G.S, Wine) ou carrément violents (Suicide, Boys who rape (should all be destroyed)) s’accordent pour obscurcir, sans jamais ternir, ni même polluer, ce grandiose ciel romantique sixties, qui par contraste rejaillit de plus belle (magnifique magnifique The last dance). Dès lors, que dire d’autre ? Que le son est moins touffu et les voix plus claires ? Que les toms sonnent secs et les guitares des(saturent) ? Qu’on reste pantois devant telle œuvre ? Bah...

Bien entendu, In and out of control ne va pas faire que des heureux. Mais lorsqu’on constate que The Rakes n’en fait guère alors que d’autres encensent des choses qui, entendus depuis nos bureaux, semblent effroyables, on relativise l’affaire. Le temps, fils, est un filtre imparable.

Par Ndaref - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Vendredi 9 octobre 2009
http://www.datasapiens.net/wp-content/uploads/2009/07/Romborama.jpg

Il fut un temps où la presse musicale, au sommet de sa popularité, tolérait en son sein une engeance nommée rock critics. Ces personnages avaient des licences exceptionnelles, comme être plus star que les stars, se faire embrasser par les copines des stars ou prendre de la drogue de stars (c’est mal, rappelles-toi). Sur leur machine à écrire, cette petite communauté d’hommes encensés (pas de femmes dans leurs quartiers, les femmes avaient le droit d’écrire sur les livres, la couture et les robes, mais pas le rock, elles comprennent pas parait-il, une histoire de glande mammaire m’a expliqué el pendu un jour où nous buvions une camomille), oui cette petite communauté d’hommes encensés inventait les bases d’un métier que la plupart des tourne en rond du web 2.0 croient exercer. Les rock critics vintage vivaient une époque exceptionnelle : l’accès à l’information était limité, le marché de la musique en crise non endémique, la pression sur leurs épaules beaucoup plus aérienne. Voilà pourquoi ils pouvaient se lancer, cassés au LSD, dans des défis aussi constructifs que chroniquer un disque sur sa pochette sans même l’écouter.

(Presque) Fameux, toujours 30 ans de retard sur les autres, reprend cette méthode, le LSD en moins (pas de ligne crédit).

Attaquons donc le cas The Bloody Beetroots. Romborama dispose d’un visuel magnifique, bluffant, le genre de dessein qu’aurait pu exécuter ce grand communicant malade de King Ju. Impression d’impureté totale à son examen. Nous gravitons ici dans le viscéral, l’union de matière fécales et de la peinture couleur sang impulsant une dynamique très organique. Ces gens jouent donc une musique immédiate et séminale, violente et basique. Outre les inscriptions / dégradations écarlates, la dominante grise de l’ensemble capture la pensée dans une morbidité outrée. Attraction de la saleté sonore, de la déstructuration, de la meurtrissure auditive, traduisant une singulière appétence pour le bruit maîtrisé et sciemment haché. Les deux hommes masqués (élément supplémentaire les rapprochant du crew Stupeflip) sont surpris dans des activités incommodantes (un déféquant à côté d’un autre qui vandalise). Ce duo complémentaire doit donc déverser des torrents de paroles dangereuses pour s’affirmer, et se cacher, aussi intensément. Le A de l’Anarchie, ce patronyme troublant (Les Betteraves Ensanglantées), la page journal Ranxerox (icône dessinée destroy 80), la musculature carrément flatteuse des comparses, tout cela évoque aussi précisément le chaos que la dérision, la mort et l’humour. Ces gentilshommes ne se débattent donc pas dans une chapelle musicale définie, ni ne font preuve de pieuse orthodoxie. Ils produisent un son transgenre, fruste, (dé)structuré, et néanmoins à prendre au second degré. Ils ne cherchent pas à séduire et refusent de collaborer. Ils font ce que bon leur plaît, sans doute une sorte de son étrange entre electro dévoyée et thrash glauque contemporain. Ce disque, foi de Ndaref, est une tuerie. Je recommande son achat, son écoute, sa vénération.

El pendu, sage rédacteur en chef, a explosé de rire en lisant ça. Il a ensuite cliqué sur son ordinateur et m’a fait écouter Romborama. Puis il m’a dicté ce passage.
‘Le duo italien, ayant effectué plus de 28 remixes en un an (Martin Solveig, Pink, Timbaland, Torture Killer, Etienne de Crécy, Alex Gopher, The Killers, The Kills, Metallica...) démontre tout l’étendue de son talent avec cet album reprenant quelques-uns de ses hits les ayant établi en haute place sur la scène internationale. Ce son electro puissant et mélodique emporte tout sur son passage, produisant une excitation semblable aux découvertes de Daft Punk ou Justice.’


Ami lecteur, si el pendu écrivait seul ce journal, au lieu de le survoler en bourrant sa pipe, tu aurais une correcte synthèse de tous les dossiers de presse de la terre. Relativisons donc ce discours prémâché et avançons que The Bloody Beetroots signe un opus coincé entre airs grand public et sons underground, ce qui est au fond une correcte définition de l’underground acceptable. En somme, du très efficace nouveau big beat (Cornelius, Its better a DJ on 2 turntables, Talkin in my sleep, WARPD 1.9…) à plus convenu (Have mercy on us), et du recherché - option boum boum quand même (Strom) au machin chanté (Awesome, Second street have no name…) en passant par le carbone Daft Punk (Ffa 1985), nos cousins italiens signent un disque carte de visite. Pas exceptionnel en soi, mais évidemment une tuerie en soirée, et certainement une ode à la distorsion en live. Et quelle pochette !

Par Ndaref - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Mardi 6 octobre 2009


Il est des artistes sur lesquels il n’y a rien à dire. Donc (Presque) Fameux n’en dit rien. Il est aussi des artistes sur lesquels il n’y a plus rien à dire. Et là, (Presque) Fameux n’en dit (presque) plus rien.

Quand tout est déjà écrit, qu’ajouter ? On pourrait comme tant d’autres reprendre les articles déjà écrits et recaser à l’envi les mêmes arguments. On pourrait évoquer le cas des Cramps, formation mythique ayant enregistré, son existence durant, peu ou prou le même album. Evoquons-le donc, et avançons alors que Delinquent Habits publie un nouvel  album, qui ressemble comme une goutte d’eau à ses prédécesseurs.

Bon, certes, peut-être allons-nous un peu vite en besogne. Quoique... Pour ceux qui les connaissent, et ces gens-là sont nombreux, confère leur succès mondial, les D.H ont, sinon inventé, du moins popularisé un style à part entière. Les gaillards ont en effet approfondi le mariage entre un hip hop classique, plus que très fortement inspiré par Cypress Hill, et les trompettes mariachis. Le MariacHip, en quelque sorte. Ou le HipChis (ça sonne moins bien), voire le Mhipariachop (on n’y comprend plus rien). Le succès, en cette décennie 90 qui réservait un triomphe aux groupes crossover, terme que nos roués amis québécois traduiraient par passe muraille, fut immédiat, et D.H vendit des soutes entières de disques. Un pied à Los Angeles et l’autre dans la stratosphère, nos compères entendirent ne pas descendre de leur nuage. De fait, leurs enregistrements se suivent et se ressemblent. De D.H, on peut dire qu’il est un groupe constant. Certains diraient fidèle et intègres d’autres incapable de se renouveler. La vérité est sans doute entre ces deux préceptes.

L’époque a changé, pas D.H. The common man est une nouvelle ode au mariachip, avec ses inévitables évocations de la vie des rue, l’ensemble dans un anglais mêlé d’espagnol (un autre terme dûment déposé pour cela : spanglish – el pendu avait pour sa part proposé enspagnol). Une grosse décennie après leur heure de gloire, les chicanos servent la même formule, usitant évidemment des mêmes ingrédients. Et leur formule plaît, ce son s’avérant assez intemporel pour résister à l’érosion des ans. The common man est donc une suite de chansons aussi semblables que réussies, avec un recours assez modérés aux prévisibles cuivres et attendus scratchs. Evoquant passablement Eminem par son timbre, le chanteur principal, Rapper Ives, pose sa voix comme il le faisait déjà avant la mort de Kurt Cobain. Avec ses mélodies fortes, ses compositions puissantes et sa production adéquate, The common man ne dépareillera pas dans la discographie du groupe. Les fans adoreront, ceux qui étaient déjà septiques le resteront. Reste à savoir comment pareille recette, chaleurs des trompettes et des voix sur mécanique des beat, peut laisser quiconque insensible. Toi, peut-être...

Bonus bonus: les mêmes en plus jeunes, avec plus de cheveux et de trompettes!

Par Ndaref - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 2 octobre 2009

Internaute, (Presque) Fameux te met en garde contre les dangers de la drogue, de la gloire et de l’acoustique !

 

Pour comprendre les fondements de tel cataclysmique avertissement, deux étapes te seront nécessaires.

 

La première est de contempler ce clip que, fort des moyens que tu nous sais posséder, nous n’avons pas hésité à agrémenter d’un film d’animation fait maison, et doublé par El pendu, originaire de la belle péninsule ibérique.

Tu y entendras une chanson d’amour mythique chez (Presque) Fameux, et chez n’importe quel être doté de cerveau et d’oreille, chantée par l’ici vénéré Jonathan Richman.

 

 
 

La seconde étape, fatidique, te mettra directement en prise avec notre héros qui, libéré de ses Modern Lovers, œuvre en solo. Mais, abus de substance blanchâtre, grisé par la gloire ou possédé par sa guitare acoustique, cet artiste hors pair part en vrille sous les caméras du contondant Sifredi. Tu comprendras, internaute assurant notre salaire, pourquoi la version originale, si ingénieusement illustrée, t’a été proposée. Depuis, Jonathan, croisé à la fête des vendanges de Frankfort (Bouches du Rhône) va beaucoup mieux.

Par Ndaref - Publié dans : Comment j'augmente ma fréquentation - Communauté : Musiques
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés