Fameuse radio!





Au fait, retrouve (Presque) Fameux sur
et le (presque) Myspace

(Presque) Actualités

Yo !

Ndaref a bien trop d'actualités pour toutes les consigner...

En 2015, l'horizon s'annonce (presque) dégagé

 

Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 13:23

http://www.iwelcom.tv/images/SplendorInTheGrass/Cover-The-Capital-Yearsb.jpg

On l'a dit, être vaguement affilié à la chronique d'œuvres oblige à  compromission. Certains, comme le fier Ndaref, les refuse, sous réserve d'un montant suffisamment convaincant pour assouplir ses positions, voire un ordre difficilement refusable de son rédacteur en chef, le déplumé el pendu.

Néanmoins, la plupart de ses collègues, soucieux de contenter leur cercle et emplir leurs estomacs, n'y vont pas avec le dos de la cuillère, comme dirait  Al Jourgensen. A la recherche d'information sur le groupe Splendor in the grass, le connecté Ndaref déchiffre, depuis leur MySpace officiel, une prose ahurissante. On commence avec le fameux rapprochement outre-Manche: "Splendor In The Grass pourrait bien venir de Glasgow, se dit-on en découvrant le phrasé élégant de son chanteur, sûrement cousin éloigné d'Alex Kapranos. A moins que le groupe ait appris à trousser l'association refrain-couplet irrésistible à Londres. Et fait un stage à Liverpool pour apprendre chez vous-savez-qui l'inventivité débridée et l'art de distiller le détail sonore qui accroche. Mais Splendor In The Grass vient d'Arcachon et s'y connaît autant en pop qu'en cinéma. Et c'est déjà pas mal." Isabelle CHELLEY (Rock&Folk). On poursuit dans le bâtiment: "Conçue dans une maison déglinguée du Bassin d'Arcachon, une pop-music ample et mouvante qui pourrait tout autant venir des plus exigeants laboratoires anglais." JD Beauvallet (Les Inrocks). On finit dans le cinéma: "C'est comme si un Dean Martin du dimanche était resté très longtemps scotché au comptoir d'un sordide pub londonien. Il siffle les verres, les filles, et écoute attentivement les conversations, les anecdotes dérisoires et les histoires improbables que les clients se racontent..." Frédéric Goldman-Jones.

Très imagé, n'est-il point? Ndaref se demande un instant s'il ne devrait pas renouer avec ces sécurisants rapprochements de scènes mythifiées, de constructions insalubres et d'acteurs trépassés, histoire de s'appuyer sur quelque chose de concret, à même de suffisamment masquer le vide du propos. Mais à quoi bon? souffle-t-il. Alors, comment traduire de la manière la plus pertinente qui soit la teneur de ce EP de 6 chansons?

"Splendor In The Grass n'invente rien du tout. Le groupe se contente de reprendre une formule pop mise au point par d'autres, genre de défricheurs ayant établi, il y a belle lurette, les règles d'une musique accrocheuse, populaire, et cependant point vulgaire. On pourrait donc tenir ces français voulant se faire passer pour anglo-saxons pour de vulgaires suiveurs s'ils ne possédaient toutefois une approche qui, c'est sincère, demeure personnelle. Dominée par un chanteur dont l'organe ne va pas sans évoquer celui du vocaliste d'Interpol sorti de sa cave, cette formation au nom carrément plombant (Splendor in the Grass: La Fièvre dans le sang in VO) la joue sobre, classe et convaincant, notamment sur l'entrainant Hats and haircuts, transcendé par sa montée ludique, ou sur The trade of souvenirs, plutôt réussi. Tout serait à peu prêt parfait si nos amis, voulant varier les plaisirs, ne plaçaient deux chansons lentes, tristes, pesantes et ennuyeuses d'affilée, que l'ultime morceaux ne parvient pas à rattraper. Bref, bien, mais peu mieux faire, comme on dit aux élèves ayant du potentiel". Ndaref ((Presque) Fameux)

Quand el pendu décortique la prose de Ndaref, il ne peut s'empêcher de pouffer.

- Purée, ça c'est fort de café! Toi te moquant de tes collègues, avec le paquet d'inepties dont tu m'accables l'année durant, on croit rêver... Tu veux que je te rafraichisse la mémoire?

- Ca va aller...

- Non, mais rien que là, c'est tordant: "On pourrait donc tenir ces français voulant se faire passer pour anglo-saxons pour de simples suiveurs s'ils ne possédaient toutefois une approche qui, c'est sincère, demeure personnelle." Sans rire, moins original et plus codifié, y a pas! Puis le coup de la sincérité, pour un type comme toi... T'as ouvert un dico pour savoir ce que ça signifie vraiment? Allez, vais le faire réécrire, ton torchon... Et puis, s'il te plait, évite d'évoquer tes collègues. C'est vrai que ces tocards n'ont pas inventé le clavier. Mais eux au moins, ils sont cités.

 

 

Par Ndaref - Publié dans : chroniques
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 13:11

http://medias.francetv.fr/cpbibl/url_images/2012/05/15/image_73921989.jpg

 

En première partie est jeté en pâture un Louis Albertignac lucide: "J'ai briefé mes musiciens, je leur ai dit comme ça : vous allez voir, entre les morceaux, ils vont gueuler Johnny. Faites comme si de rien n'était...". Puis, un peu plus tard : "Ben j'avoue, vous m'avez écouté ! C'est cool".

J'aime beaucoup Bertignac, l'homme plus que l'artiste, ses commentaires entre les morceaux sont hilarants : "On va vous faire patienter en attendant le grand Johnny" ou "Ca vous va comme rock, ça, on joue pas trop hard ?" Je suis plutôt agréablement satisfait qu'il fasse la première partie. J'ai déjà pratiqué le Bertignac en concert. Je le sais efficace. Ce qui me surprend, c'est l'assurance d'Halliday qui sait que, quoi que l'adversaire tente, à la fin c'est Johnny qui gagne. Bertignac, pour lui enlever le show, faudrait qu'il soit un peu plus que Dieu!

 

Je sais que j'ai laissé interrogatif mon entourage direct quant à ma présence ici... Si vous n'êtes pas un fan convaincu, les gens sont en droit de vous demander ce que vous faites là. Et par la même occasion vous aussi. Lui, il aurait dû disparaitre au seuil des années quatre-vingt, poussés, lui et sa Harley, au fond du port de Saint-Tropez. Ou mort d'une crise cardiaque pendant une partie de boules avec Eddy Mitchell.

Ce soir, il se métamorphosera pour l'occasion en plus grand chanteur belge de rock'n'roll français. Une chose est sûre: le public d'Johnysien est une chose unique qui ne devrait se manifester qu'en présence du personnage. Au point que l'on se demande ce qu'ils feront, quand la retraite de la dernière idole aura sonné. Un type devant moi m'offre la réponse : "Aller voir Noah".

 

Son entrée, il la fait au beau milieu d'une mine marine planant au-dessus de nous, dans un spectacle genre survivants chantant un effrayant prophétique Poème sur la 7éme. Parfait, son spectre s'élève sans prévenir, après une pluie d'effets spéciaux de fin du monde dans un décor urbain d'émeutes des plus réalistes. Effet garanti fidèle à l'ambiance qui doit animer, ce soir, à l'extérieur certains ghettos de la ville. Bravo!

 

Lorsqu'il débarque, son expression est à ce point figée que je me demande si nous n'avons pas affaire à un hologramme, ultime représentation de la dernière idole. Johnny, je l'ai vu un nombre de fois aussi important que James Brown ou le vétéran Iggy Pop, guettant le moment où la machine se met à déconner, et, quand il s'y met, il ne fait pas semblant. Son groupe apparaît, enclenche le moteur. On en oublierait presque que ce soir ils vont devoir jouer sec, pas en play-back Drucker. La foule rugit comme jamais je ne l'ai entendue au cours de mes soirées, de concert en concert. Ca doit être ça, la vénération. Il ouvre son tour de chant, (eh oui, il est de l'époque de ce type d'expression !) par Je suis né dans la rue, une forme de bio rêvée qu'il nous a vendue avec brio. Il donne sans fausse modestie, dès le début, sa date de naissance : 1943 - lui qui prétend que Jagger lui aurait dit "Tu fais dix ans de moins que moi", ce qui nous ramène tout de même à leur soixantaine respective. On ne lui retirera pas que pour cette tournée (ultime?), le choix des titres est bien senti pour le medley tragico-comique: Requiem pour un fou, Ma gueule, Que je t'aime (qu'avait habillé de cordes Jean-Jacques Vannier, l'homme de Mélodie Nelson, Initiales B.B de Gainsbourg). Au milieu de son tour de chant, il ressort Deux étrangers, avec son cinéma de la grande époque, et que je te je plie un genou puis deux pour m'écrouler à terre, monte le pied de micro qu'il place entre les jambes, mimant allongé l'acte sexuel auquel elle ne peut résister, sous les yeux de sa femme et de ses filles venues pour l'occasion, à défaut de Parc Disney. Il a ressorti aussi l'ancien déhanchement lascif - lubrique pendant l'intro de J'la croise tous les matins. Son groupe s'éternise sur l'intro soul/jazz tournant comme un moteur de Rolls. Il s'avance devant le micro, s'en détourne, reprend ses roulements de jambes et épaules. Comment fait-il? A-t-il encore un os à lui?

Ce soir, il est peu disert, enchainant à la file ses titres mécaniquement parfois, plus que les interprétant. Je serais menteur si je n'écrivais pas que la voix est là, du début à la fin, sans lassitude, immense cri rauque au point qu'il ne sait plus pousser ses bluettes des sixties éperdues de lamentation. Que je vais jusqu'au sourire complice, au détour de La musique que j'aime, comme devant ses pitreries scéniques, qui ne sont plus de son âge, mais toujours tellement efficaces. Et ça papote autour de moi, le fan d'Johnnysien est le pire qui puisse exister. Je me demande ce que cela doit lui faire, à LUI, d'observer à la dérobée cette armée de clones au bord de la scène, souvent mieux qu'il n'est parce qu'évidemment plus jeunes. Il n'y a pas pire situation que d'être devenu un objet transitionnel grandeur nature. Ses fans d'hier, aujourd'hui ménopausées, ne poussent plus de cris d'orfraie. 

Ensuite, on a encore droit aux hymnes machistes des années suivantes: Dégage, je sais que tu ne peux pas trouver mieux ailleurs, je ne te donne que huit jours. Il n'a conservé des sixties Qu'excuse moi partenaire, incantation homme/femme. Je me surprends ici à prendre du plaisir, beaucoup même, sur Fils de personne quand Bertignac se pointe sur le côté gauche. Johnny se dirige vers lui, et plante un micro devant sa face pour le refrain qu'il chante avec passion : Y en a qui naissent avec dans leur berceau les milliards de leur père. On leur apprend que tout peut s'acheter. Les affaires, oui, sont les affaires. Je profite d'un mouvement de foule vers le centre à l'occasion de la partie unplugged pour m'avancer au plus près de la scène, en territoire réservé, au beau milieu des clones. A les voir, on s'interroge sur des choix de vies. Ils le vénèrent.

 

Il part pour la troisième et ultime fois. S'arrête en chemin. Il a oublié un truc? Se retourne, tend le bras, un pouce dressé : Au fait, ce soir vous avez été plus que formidables, dit-il, paradoxalement absent, puis part pour de vrai. Demain, après demain, le surlendemain, il faudra faire aussi bien.

 

Steve "Gabrielle" Hallllllidée

 

 

Par steve - Publié dans : Nos chers actionnaires invités!
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 19:39

http://www.impawards.com/2007/posters/severance_ver3.jpg

N'écoutez jamais les conseils du führer qui tient Musik Industry. Le garçon en question m'a vendu Severance comme un film crétin, c'est à dire à savoir cool, drôle et (si possible) vulgaire.

Ne tenez pas compte de la jaquette. Celle de Severance porte la manchette 'Vous allez aimer votre job...!'. Ça sent, tel que le résume d'ailleurs ce phare de la conscience qu'est Allociné, l'amusement foiré au sein d'un cadre professionnel. Le film étant anglais, on espère que tout parte rapidement et le plus crétinement en vrilles. D'ailleurs, le bout de jambe et le sang maculant le bas de l'affiche traduisent qu'on va bien (s')éclater!

Par contre, regardez toujours les bande annonces. Je ne le fais jamais, pour une recherche maximale de surprises. J'aurais dû. Je viens de le faire. Tout est là. Mais vu qu'on me paye chez M-I une petite fortune, je vais quand même aligner du caractère.

Severance est un survival. Pas besoin d'avoir un très haut niveau d'anglais pour capter qu'il s'agit du genre de film où la survie est thématique. Des milliers de productions se rangent dans cette catégorie toujours très violente/humiliante/terrifiante/gore, où les acteurs disparaissent un par un, dans des conditions très trash ou au contraire très baroques.

Au début, OK, tout commence bien. Enfin, exception faite de l'avant générique, d'emblée riche en hémoglobine sur fond folk joyeux. Retour à l'humour anglais derrière. Ce début relativement cocasse s'achève au bout de la dixième minute, genre. Ensuite, c'est la forêt, et pour parodier un autre survival, la forêt a des yeux. Et des armes. Et le vice. Et une putain d'envie de zigouiller tous ceux qui osent la pénétrer. Alors, progressivement, on en vient au carnage. Un vrai carnage, ne pouvant aller crescendo: dès le début, c'est horrible.

 

Évidement que je vais rien raconter d'autre. Ceux qui détestent ce genre de film en sont déjà écœurés, et les autres (salut les vicieux!) l'ont soit déjà vu, soit vont s'y précipiter, et je tiens pas à leur gâcher leur pervers plaisir. Apportons simplement quelques éléments. L'humour anglais est bien présent, mais par touches, qui fonctionnent étonnamment dans pareille atmosphère. Le gros point d'interrogation qui plane au final est plutôt bien trouvé. Danny Dyer, avec sa gueule de beau gosse ravagé à l'ecstasy, et déjà aperçu sur le crétin gore Doghouse, est un acteur génial. Découvrez le reste.

Et bien entendu, tout a été rédigé suite à l'assemblée générale en pleine air organisée par MI.

 

 

Par Ndaref - Publié dans : Chronique films
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 12:06

http://www.varmatin.com/media_varmatin/imagecache/article-taille-normale-nm/image/protec/2012/05/09/16920089.jpg

 

La Salpêtrière en concert.

C'était l'Ig que j'étais venu voir et ce sera Thiéfaine qui me sera infligé dès le départ. Le genre de type qui vous plomberait une ambiance à un enterrement. Il croit qu'il fait de la poésie parce qu'il en a découvert le goût. Je ne lui en veux pas en particulier, mais plutôt à tous ces types qui n'ont jamais surmontés le choc de la première lecture d'une Saison En Enfer.

Moi non plus, d'ailleurs, mais je ne serais d'aucun parti pris, ne ferais aucun favoritisme : je mets dans le même sac lui, Ferré... etc. Inécoutables pour un gars sensé, équilibré, dont le père n'a jamais coupé de joint. Je suis vraiment de mauvaise foi car, pour être honnête (plus que lui sur son passé inventé), je dois avouer que j'ai pris un réel plaisir à sa complicité avec Alice Botté, remplaçant à la hauteur de l'illustre Yan Péchin. "C'est un poète" me dit Jean. Peut-être mais il doit utiliser les mauvais mots. Un belligérant, côté public, nous lance, lucide : "N'essaie pas de comprendre, de toute façon les paroles sont incompréhensibles". On a vu. Ce type arriverait à anesthésier les effets les plus électriques, en mélangeant de sa guitare sèche les interventions d'Alice Botté, transformant ses instants de haute tension en Ma Maman a une cuillère en bois. Au moment où je commence à compter les morceaux, Félix sort de scène, démarche de rockstar, du genre "Je vais tout casser sur mon chemin si vous ne vous retirez pas!" Si je m'appelais Hubert, je la ramènerais moins.

J'avoue que je trainais la patte pour aller jusqu'au circuit Paul Ricard voir une ultime manifestation en liberté de l'animal Pop. Son court passage dans l'émission C'est à vous, sur la 5, m'a convaincu de la sauvagerie de cette indomptable fou, lançant en réponse à Alassandra Subret, redoublant d'efforts pour présenter sous une langue de bois les strip-tease scéniques du Pop : "Monsieur Iggy Pop, vous faites du rock avec un certain exhibitionnisme sexuel..."Une étincelle réanime l'œil en promo de l'Ig qui lui lance " je peux te la montrer si tu veux". C'est ce genre de réflexions qui me revient à l'esprit alors qu'un mélange de blondes peroxydées et de bobos perdus se bousculent, influencés par l'ultime danse du sieur. La tension monte ainsi que la poussière faisant ressembler le tout à un rite tribal sous le beat de la fun house. C'est le moment que choisit un Pop qui semble s'amuser pour embrayer sur un morceau mid tempo, qui me fait comprendre que ce soir il ne s'attardera pas plus que de raison malgré sa forme olympique. "Il est bizarre", me souffle Jean à l'oreille. Il semble saoul. Je ferme les yeux un moment pour écouter le groupe sans être distrait par ce fanfaron d'iguane, et ce qui sort de la sono, joué par ces vieillards, est impressionnant de brutalité - vigueur d'un rock inapprivoisé rajeuni par Larry Mullins, remplaçant de vigueur du forfait de Scott Actionman Ashton.

Ils quittent la scène une première fois, Iggy claudiquant, suivi par le Minute Men boitant d'un genou, affligé par la tournée précédente avec le James Williamson méconnaissable, ventru, chenu sous couvert d'un McKay ressemblant à un Moon Dog rachitique. Ils ne reviendront qu'une fois pour laisser la place à un Martin Solweig technique-robotique. Jean et moi quittons très tard ce Sud-Est extrémiste aimant s'encanailler avec des shows rodés autorisés par la loi.

  Steve Iguanos

 

 

Par Steve - Publié dans : Nos chers actionnaires invités!
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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 13:09

http://www.thetrapper.fr/wp-content/uploads/2012/03/Affiche-MINI-United.jpg

 

Ok nous v'là donc rendus sur le circuit du Castellet. Pour y accéder, y avait qu'à suivre les Minis, reproduites pour l'occaze à l'infini. Idéologie marketing oblige, la marque était le joyau d'un écrin appelé musiques vivantes du soir (espoir). Au programme du 11 : Hubert Félix Thiéfaine, l'Iguane et les Crétins, suivi de Tintin au pays des Solveig.

Passons sur la promo incessante et automobile, avec pléthore de décorum, et esgourdons Hubert, le Félix des Hautes de ces Bois, car c'est en plein air. Gros son quasi big rock, il joue tous ses tubes underground de la France du vrai rock poétique (Lorelei, Alligator 400 et des poussières, La fille du coupeur de joints...) et des extraits du nouvel album. C'est en place, et classieusement boosté par Alice Botté, guitariste farouchement légendaire, mais toujours abscons et parfaitement déprimant, selon les dires d'un spectateur ("Dégage, tu me mets le moral dans les chaussettes"), et d'un autre ("N'essaie pas de comprendre les paroles, c'est incompréhensible mais en alexandrins")..

Puis : Les Stooges période Raw Power mais sans Scotty remplacé magnifiquement par le vénérable Larry Mullins alias Toby Dammit! Et avec l'homme-minute Mike Watt, figurant Ron mort, et puis y a "gros" James Williamson, sans oublier Steve "pirate" Mackay, toujours survivant aux sax et claves. Donc, The Stooges période "Puissance Crue" moins deux acteurs plus deux doublures, mais... les Stooges, bordel!

Et c'est le Zombie Power, nouveau concept rétro proto punk blues turboïde. Vous fermez les yeux, ça groove en force comme de la jeune tronçonneuse énamourée, vous les rouvrez, vous êtes face à 5 vieillards électrostatiques, chenus et claudicants, bûcheronnant sans foi ni loi les Raw power, Search and destroy, Gimme danger, I got a right, Death trip,...brèfle tout l'album pré cité plus Cock in my pocket, 1970, et je sais plus très bien quoi. Or on s'en fout des signes de vieillardise et du track listing. Ce soir, Iggy est heureux d'être encore là. Il lui manque une hanche à un côté et un morceau de biceps de l'autre, mais il a un bronzage et des dents neufs. Il nage dans la foule avec les stages divers de tous poils (public hétéroclite chauffé à bloc), ramasse un sous-tif noir de satin bonnet H lancée par une récente topless girl, aussi un lézard en peluche qu'il cale entre son jean et son anémique fessier... Et puis les gens montent sur scène au son de Shake appeal. Ils font les stars étoilées, serrent les cuillères du combo mort vivant en fer forgé, le prennent en photo, bougent et remuent. Puis tout le monde descend pour une danse de Saint-Guy non stop sur les bonus I wanna be your dog, No fun, Open up and bleed... Enfin l'Ig dit "au revoir", avec la langue, "bonjour chez vous", de la main, et met les bouts, dans l'allégresse publique.

Après, y avait les aventures de Tintin au mitan du dance floor, mais il faisait soif et puis tard, donc retour.

 

Giani Stouge

 

 

Par Giani - Publié dans : Nos chers actionnaires invités!
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 13:21

http://i1.sndcdn.com/avatars-000011336818-5b72z3-crop.jpg?7c5153c
 

Souvent, Ndaref reçoit des mails d'insultes. Enfin, souvent est une temporalité à relativiser, vu que personne ou presque ne lit des chroniques sur des disques n'ayant même plus l'obligeance de sortir en physique. Tout est virtuel, même le courroux. Seuls les amateurs de metal s'y collent encore, même si ces pleutres finissent toujours par s'excuser, en fin de compte.

Néanmoins, et c'est encore plus rare, Ndaref reçoit parfois des lettres élogieuses. Vu que rien ne l'y a préparé, il en reste très perturbé. Dernièrement, un mail flatteur est tombé sur sa boîte. Il était signé Christophe Monier, AKA The Micronauts, le félicitant pour sa chronique de Damaging Consent (Citizen Records), publié... 5 ans plus tôt. Ouah! Ni une ni deux, il va trouver son rédacteur en chef, le tristement célèbre el pendu, pour lui révéler cette soudaine renommée complètement inenvisagée et, soyons cohérent, franchement inenvisageable. Ceci étant, lui faire part de ces félicitations était une sacrée erreur, mais ça, le rédacteur maudit ne l'apprend à son corps défendant qu'à la conclusion de cette phrase.

- The Micronauts est un de tes potes? Purée, ça tombe bien! Le gaillard a une actualité  chargée et c'est cool que tu te proposes.

Et voilà comment, alors que le vendredi annonçait le dégoupillage hebdomadaire, Ndaref se retrouve face à des liens Soundcloud. On fait plus sexy comme soirée, mais il est obligé de la consacrer à Micronautics, le label que Totophe relance en 2012.

La première sortie est Un signé Rituel, soit l'association du nouvel meilleur ami de Ndaref avec Thomas Regnault (presque fameux sous le nom de Dew Town Mayor). D'emblée, notre courageux chroniqueur est pris de terreur à la lecture des termes deep house - nu disco qualifiant la musique, horreur que renforce leur longueur. Single minds s'étire sur un interminable 9'09 quand Take it easy angoisse avec ses 8'45, soit le temps à quelques groupes crust de graver une dizaine de délectables hymnes anticapitalistes. L'explication de telle durée se niche dans le positionnement même de Rituel: procurer de la danse aux foules et communier dans la transe. De fait, bien délicat d'apprécier ça à la maison, déplore Ndaref en vidant sa huitième cannette. L'idéal pour saisir toute la portée de ces œuvres serait de se retrouver dans un club édifié sur une île ensoleillé, fragmenté au Get-bière et entouré de danseurs sympathiques, souples et souriants. Le prodige est toutefois que Totophe et son pote réussissent si bien leur affaire que Ndaref clique plusieurs fois sur le lien de Single minds, beaucoup moins Baléares cheap – club house balkanique - jingle talk show que Take it easy.

http://soundcloud.com/rituel-ceremonie

Bref, Ndaref est plein de vibrations apaisantes et de houblon quand il passe à la seconde actualité de Micronautics. Il s'agit là de l'union de The Micronauts & Bosco qui avec le EP Hoochie Coochie déclinent cinq versions de la même chanson. Qualifié, selon l'argumentaire presse, d'electro - techno-acid, ce qui séduit immédiatement le plus pointilleux des journalistes, la chanson initiale est une bombe pour piste de danse. A la fois putassière, énergique et entêtante, elle accole essence pop, rythmique lourde et, effectivement, envolées acid. Magnifique, applaudît virtuellement Ndaref, qui bloque et rebloque sur le clip. Hormis le taf de Bosco seul, fort délectable, les autres relectures n'apportent que peu de choses à ce pur concentré de plaisir, qui doit sans doute être joué partout dans le monde. Même chez moi, réalise Ndaref en regardant son bureau peuchère et son pack de bières vide.

http://soundcloud.com/micronautics

 

 

Par Ndaref - Publié dans : chroniques
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 13:54

https://fbcdn-sphotos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-snc7/s720x720/480241_219253351517894_117238175052746_352849_431408805_n.jpg

Bosser dans la musique oblige à tout un tas de compromissions. Oubliez d'emblée l'image mythifiée du journaliste rock qui passe son temps invité aux concerts, entouré de musiciens supra sympas et de filles super ouvertes qui réclament sa substantielle moelle. Peut-être que certains spécimens vivent aujourd'hui encore comme au mitan de la décennie 70, mais dites-vous bien que chez (Presque) Fameux, c'est pas ça. Du côté du building glacé, on a davantage de chance de croiser  Loudpipes en interview mail posthume que la chanteuse de The Distillers en chair et en sueur.

Non, chez nous, les compromissions sont autres. Elles tiennent à ce que tel ou tel insistent pour que vous intéressiez à leur sort. Comme si, fichtre, on n'avait que ça à faire. L'ennui est qu'il est difficile de refuser quand la proposition émane de votre supérieur direct.

- Masca quoi?

- Mascarade. Le groupe que mon vieux pote JNEB a monté avec un ancien de Marcel Et Son Orchestre, JB.

- Oh, purée!

- Ils viennent de publier deux nouveaux titres, après un premier maxi, que t'as sans doute pas écouté.

- Faux. En tant que professionnel, je me dois de tout auditionner. Et laisse-moi te préciser que ce 4 titres, sans être fondamentalement ranci, avait quelque chose d'un rien suranné. Hip hop de rockers comme ils disent, mais cette option était déjà bien plus affirmée sur le fondateur Walk this way (1986).

- Tu tiens à ta paie?

Et voilà comment, sur une simple interrogation, el pendu convainc Ndaref de se consacrer au double nouveau titre de Mascarade/JNEB. Un dingo productiviste qui, lors de sa révélation, présentait conjointement un film, un livre et un disque entièrement réalisés par ses soins. Plutôt intéressant, comme projet, et sympa en plus, le gars. Il s'était ensuite embarqué dans une aventure un peu plus rock, envoyant à (P)F ses disques, hélas non soutenus par une campagne publicitaire ou un mécénat avisé, avant que, piqué au vif par Stupeflip, il décide de s'allier avec un ex MESO, en train de splitter, pour augurer l'aventure Mascarade. Le premier 4 titres exposait les ambitions mais ce premier jet manquait de mordant, de haine, de hit et de patine. SSuperSSenSSaSS feat Sylvestre corrige à lui seul une partie des défauts initiaux. Sur une revisitation du riff de Canonball, Sylvestre nous susurre les délices d'une existence sans S. C'est plaisant, tant dans le son que l'expression, fun sans toutefois atteindre le tordant et surtout pas mal mélodique, déplore Ndaref, frustré de ne pas avoir matière à concassage. L'envers du décor est de son côté une ode comme King Ju en inspire des centaines. Pas mal, mais pas marquant, sourit ce charognard de Ndaref.

Lorsqu'il croise un peu plus tard el pendu, occupé à composer depuis son smartphone dernier cri un SMS, sans doute à sa femme qui vient de le larguer, ahahah, Ndaref, qui d'habitude préfère l'éviter, s'avance à sa rencontre en agitant sa feuille, encore gluante d'encre non sèche et ironiquement obscène.

- Mission accomplie! crie-t-il dans l'open space en lui fourrant son travail sous le nez.

el pendu s'en empare, la déchiffre et la déchire.

- N'y vois rien de personnel. Je sais que Mascarade n'est pas encore au point, mais je crois en leur potentiel. Un truc comme ça pourrait leur briser les ailes. Si tu tiens à paie, efface cette horreur ton fichier.

http://mascaradehip-hopderockers.bandcamp.com/album/nouveauté

 

 

Par Ndaref - Publié dans : chroniques
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 17:21

De temps en temps, il faut se taper une comédie romantique, ne serait-ce que pour voir ce qu'il se passe du côté du mainstream. Pour mettre de l'ordre dans nos têtes emplies de nazis zombies. Pour voir ce qu'attendent les gens normaux. Dans ce cas-là, on télécharge n'importe quel truc, genre le premier qui passe, ou on checke son disque dur. Qui a pu me refourguer Timer? Lequel de mes amis? Ai-je moi-même uploadé ce film? Aucune idée. Toujours est-il qu'il était là. Et qu'il était temps.

La comédie romantique est un genre conventionnel. Il existe des passages obligés, comme dans le gonzo, le gore ou le film français pour trentenaires. Le passage obligé de la comédie romantique tient en une fin heureuse, précédée d'un pré fin larmoyante. Timer n'échappe pas à l'affaire. On résume?

Le timer est une invention miraculeuse: tu te fais poser une puce digitale sur l'avant-bras, s'enclenche un compte à rebours qui te sépare de l'être te correspondant le mieux au monde, et le bidule sonne quand, arrivé à zéro, tu le croises. Plus rien donc à branler, juste attendre. Mais le timer de la belle Emma Caulfield (Beverly Hills, 90210, Buffy contre les vampires) ne sonne pas. Elle rencontre des mecs, pas un bruit, même pas de décompte, que dalle, la lose. Sa demi sœur, même topo. Merde. Bon, elle finit par jeter son dévolu sur un jeune musicien genre Kobain en plus marrant et s'envoyer en l'air. Sa demi sœur craque elle-même sur un gars. Après y a un bordel compliqué, des décomptes pas prévus et un tas de conneries familiales, pis des pleurs, mais ça finit bien. Fin.

 

OK, Timer est pas le film du siècle (je suis sûr que vous aviez pigé), mais il est distrayant. Si si. Pas du même acabit que 500 jours ensemble mais pas infamant pour autant. Ceci dit, on s'en fout. Imaginons plutôt le timer dans la vie réelle. Tu es un jeune couillon de 20, 30 ou 40 printemps et tu sais que tu vas rencontrer la femme de ta vie (l'homme de ta vie pour les invertis de M-I) dans 6 mois 5 jours et 7h42. Tu as donc la réaction normale de l'homme: boire comme un trou, draguer le plus de gadjis possibles et fanfaronner comme un crétin. C'est un peu le truc du film. Mais il y a une autre réaction: te battre de tout. Pourquoi faire le moindre effort? Tu peux donc traîner à tous les concerts de crust possible, slammer durant le set de Marduk ou t'habiller en Bob l'éponge, aucun problème: ta promise t'attend, elle t'espère comme ça, ça lui plaira. Pas mal de fric économisé en restos foireux, fringues lamentables et tournées, pas vrai? Et combien de litres de salive sauvegardés pour ne pas dire toutes ces foutues conneries et ces millions de mensonges? Et combien de tatouages, piercing, coupes minables épargnés? Libératoire et sain, hein? Le timer, il est temps de l'inventer...

Et bien sûr, on a d'abord publié chez les invertis de Musik Industry

Par Ndaref - Publié dans : Chronique films
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 18:40

Les amateurs de films crétins aiment beaucoup les films de zombies. Enfin, pas les films de zombies crédibles, les vraies horreurs capables de faire sursauter au moindre bruit  ou faire pencher doucement pour voir si d'aventure un monstre putride  trainerait pas derrière le canapé. Non, ça, les crétins aiment guère. Enfin, pas les crétins de mon acabit, de vraies poules mouillées.

Non, les crétins de ma bande préfèrent les films de zombies comiques. C'est pas ce qui manque. La vision de quelques chef d'œuvre du genre - Bienvenue à Zombieland ou Shaun of the dead (décriés par certains – pauvres buses) – permettront de se faire une idée sur la portée humoristique de pareilles productions. Elle est haute, le zombie autorisant toute sorte de délires régressifs et massacres sanglants sur lesquels la morale n'a aucune prise. Génocider l'esprit libre, c'est bien, surtout quand ça libère la planète.

Cependant le cas de Bienvenue au cottage est différent. Le film s'intercale effectivement au carrefour de plusieurs styles, raison pour laquelle il fait plus que songer à Une nuit en enfer, de Rodriguez. Comme ce délire encensé (un peu trop fort pour certains crétins), cette production anglaise démarre sur un genre avant d'embrayer sur un autre. La première partie est consacrée à un rapt. Traitement typiquement anglais: humour, délire, n'importe quoi. Inspiration Monty Python (comment parler d'humour anglais sans se référer à ce monument?), grosse embrouille, acteurs parfaits (entre anonymes interchangeables et gueules mémorables).

Tout ça est cool mais limite superflu, quand même. Heureusement, tout change dans la seconde partie. Pitch: poursuite dans la lande et soudain une ferme. Dès lors, la machinerie zombie se met en branle. Et elle branle pas mal, avec un gros méchant monstre, particulièrement réussi à tous niveaux (visuel comme historique), un rien de foutu sadisme, de la torture mentale et physique (bon, un rien, on n'arrive pas aux extrémités de Trailer park of terror (navet ultra tournedos grindcore de Steven Goldmann), le tout saupoudré d'humour, toujours. La scène finale rappelle toutefois rien de moins que la clôture de La Maison des 1 000 morts, film uppercut du grand Rob Zombie.

Bref, ça se laisse regarder, cette histoire. Mais de là à entrer dans le panthéon du film crétin, y a de la marge...

D'abord publié chez les zombis de Musik Industry

  • Année : 2007
  • Genres : Comédie Zombie
  • Réalisateurs : Paul Andrew Williams
  • Pays : Angleterre
Par Ndaref - Publié dans : Chronique films
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 13:31

http://webetmascara.ca/wp-content/uploads/2011/11/cowboys-fringants-que-du-vent-pochette-cd.jpg

Chez (Presque) Fameux, certains sont célèbres pour leurs lacunes. Cette méprisable renommée, qu'ils tentent vaillamment de masquer grâce à une attitude étudiée, ne trompe pas el pendu. Prenez ce bon vieil Ndaref, par exemple. Lorsque son rédacteur en chef, le pré introduit el pendu, lui demande ce qu'il pense du dernier disque des Cowboys Fringants, le rédacteur essaie de régler l'affaire en quelques phrases ouvertes, genre "ouais, bah, comme d'hab quoi, toujours pareil..." le tout assorti d'un sourire entendu. Ce genre de comportement hautement désinvolte serait en temps normal passé comme une lettre à La Poste si le fameux el pendu n'avait décidé, irrité par une nuit blanche, conséquence de son récent et lamentable divorce, de pousser les choses plus avant.

- C'est à dire?

A ce moment précis, Ndaref, fier de porter cette cartouchière lui rappelant ses 15 ans et qui lui confère cette allure qu'il juge, pourtant si faussement, du plus grand chic, sait qu'il est refait.

- C'est à dire qu'un groupe de quasi 15 ans d'âge et qui a 7 albums au compteur risque pas de changer de formule, surtout quand elle fonctionne. En plus, je te rappelle que ce sont des québécois, soit pas des foudres de guerre! glousse ironiquement Ndaref.

- Et moi je te rappelle que ce disque est sorti depuis au moins 6 mois et que j'ai pas lu une traitre ligne produite par tes soins à son sujet. Et n'essaie pas de me dire que t'as oublié, parce que c'est ton salaire que je vais omettre de te faire verser, moi.

Ndaref déglutit.

- Non, j'ai rien oublié du tout, je suis juste sous pression, trop de taf, j'arrête pas. Entre le cancan d'Aucan, le double ramage de High Damage et le punk youpi de Dirty Fonzy, j'ai pas eu une seconde à moi!

- Je peux ranger les violons? Deux chroniques par semaine, voilà ta moyenne! J'attends ton papier pour demain!

Et mince, déplore Ndaref, va falloir que je l'écoute ce foutu disque...

Et voilà comment notre fier ami se retrouve casque sur les oreilles, à se frapper Que du vent. La première chanson (Télé) l'étonne par ses chœurs terribles, sa thématique cynique et son entrain, même si les finesses, le côté variété rock et cet accent lui déplaisent au plus haut point. La seconde, plus rapide, plus sèche, avec des chœurs plus énormes encore, le transporte entre Paris-Montréal, en dépit de ce violon qui fait toujours des siennes (pourquoi ne se contentent-ils pas de jouer du rock? inscrit-il en gros sur une feuille). Marilou s'en fout débute de calamiteuse manière (cet accent, cet accordéon!) mais le bon gros refrain fait son effet et ça passe, en force. C'est sur L'horloge que Ndaref trace un trait sur sa feuille. D'un côté, il va ranger les chansons entrainantes et de l'autre les tentatives de classicisme éhonté, comme L'horloge, qui lui fait songer, sans rire, à Pierre Bachelet. Les québécois, peuple tout limite soit-il, ne sont au fond pas si stupides que le veut la rumeur: très peu de chansons viennent agrémenter cette section ignominieuse. Par contre, on a droit à de la pure pop 70 française (leur modèle, ainsi que celui du monde entier, assurément) avec Comme Joe Dassin, un espèce de machin folklorico-paysan-déprimant de leur pays (Classe moyenne), mais aussi pas mal de titres lourd rock qui en concert, c'est sûr, doivent faire bouger les têtes.

Bref, pas si mauvais en définitive, réalise Ndaref à l'étude de son graphique. La plupart des machins enregistrés que je dois me frapper sont pas aussi convaincants, avise-t-il, songeant qu'il a peut-être surévalué leur note du fait de leur provenance du Québec, bien qu'il en doute gravement. Reste maintenant à produire un article intéressant. Que dire? Par quoi commencer? Que là-bas, chez nos malheureux cousins coincés dans le froid, les jeux de mots incompréhensibles et le hockey, le désespoir pousse certains à libérer leurs émotions à base de rock plutôt que se faire sauter le caisson? Ndaref se demande si cette introduction n'est pas la banalité incarnée lorsqu'il constate qu'el pendu est penché au-dessus de sa feuille. Comme un maître d'école, il la ramasse.

- Bon, vais demander à un stagiaire de l'écrire, cette chronique, ça nous évitera les clichés habituels...

 

 

Par Ndaref - Publié dans : chroniques
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 13:43

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSYxtTYUQqe-fdUMLAkpUrcMDMc15lyOcf44JebLuMa5UsaQXYnNXzuCBBy

Les règles du jeu sont connues de tous et la pratique a depuis longtemps délimité l'aire d'amusement. Néanmoins, en dehors de toute logique, la musique électronique continue d'exciter. Pas de surprendre ni d'ouvrir d'autres territoires, mais de provoquer des sentiments échappant à tout contrôle. Une preuve de plus de pareil postulat est donnée de manière éblouissante avec Mondkopf.

On avait dernièrement entendu le sieur en compagnie des amigos dDamage sur Ice swann, une des pistes de leur valeureux album Brother in Death, chroniqué chez nous. L'homme revient avec trois titres solo, confirmant son potentiel à l'éblouissement. On débute avec le bien nommé Ease your pain, lequel entend apaiser notre douleur dans l'expiation. Retour à la règle avec ce basique intraitable, piste sonore où l'assise, martiale, est ponctuée d'une mélodie saturée. Le beat est lourd, le tout se boucle et pourtant, grâce à des sons choisis, retraités et savamment empilés, le morceau s'avère léger, parfait contraire du massif bonheur ressenti à l'écoute. Même après des dizaines d'écoutes, impossible de s'en lasser. Cette pure injection de plaisir de 5'08 mn est suivie par un remix de 8'22 reprenant la même formule. Les sons sont toutefois tellement différents et la chanson à ce point réinvestie par Jesse Somfay qu'elle s'avère totalement autre. Toujours aussi oppressant mais plus ouvert à la transe, ce Ease Your Pain (Somfay 'Erase Your Pain' Refraction) ne va pas sans évoquer les montées jubilatoires ressenties au décorticage des premiers EP Bonzaï, label 90 prolifique en titres extatiques. Bien difficile à l'arrivée de se prononcer pour une préférence. Il faut prendre les deux, à la suite, séparément, en bloc. Fading rainbow conclue la magistrale affaire de manière tout à fait planante, terme qui chez Mondkopf doit être toujours appréhendé sous une certaine angoisse palpable. Sommes-nous dans un film? Si oui, il est spécial, désertique et parsemé de luminescences. On n'est pas loin de toucher à l'essence, mais peut-être nous emballons-nous. Il y a toutefois peu de risques. Un trois titres divin, le mot est lâché.

A savourer et déguster sans fin ici http://soundcloud.com/inparadisum

 

 

Par Ndaref - Publié dans : chroniques
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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 13:27

http://www.jarringeffects.net/_media/image/tinymce_imagemanager/news/cover.jpg

Rencontre au sommet entre deux canaux lourds du dub transgénénique.

Sur l'enceinte gauche, High Tone. Véritables patrons de ce courant expérimental, les lyonnais versent allègrement dans les plus stupéfiants mélanges. Consacrés pour leur attitude exploratrice, s'exprimant à leur mesure de leur massive rectitude, les garçons ont auguré, entre leurs propres productions, une suite de collaborations avec divers artistes aussi défricheurs qu'eux (Improvisators Dub, Zenzile...).

Sur l'enceinte droite, Brain Damage. Challenger plus tourmenté, le duo stéphanois avait surpris (Presque) Fameux un justement fameux dimanche après-midi par la dimension vivante qu'il avait apportée à sa musique. Dans cette salle désertée, la formation avait subjugué les rares spectateurs, pour le coup fascinés du spectacle de ce bassiste fou, qui semblait marcher sans jamais cesser, et du petit homme aux machines. Nous étions encore à l'heure du franc. Depuis, le bassiste a appris à marcher et il s'en est d'ailleurs allé...

 

Quid de cette rencontre, alors? Par effet stéréoscopique, le canal gauche répond parfaitement au canal droit pour produire ses effets dimensionnels. Le résultat obtenu est, comme on pouvait s'y attendre, un pur électro dub aussi écrasant que perturbé. On retrouve néanmoins une patine familière qui, loin d'égarer les amateurs des deux groupes, ou ne serait-ce que ceux de High Tone, les replonge aussitôt en terrain connu. De fait, en dépit de la qualité de la réalisation, on en vient à se demander où diantre peut bien se nicher non pas l'intérêt mais la pertinence ou la nécessité de pareil opus. Parfaitement conçu, impeccablement produit, ouvert sur le monde comme respectueux des canons dub, High Tone meets Brain Damage procure des émotions sincères mais néanmoins très dogmatiques et de surcroît accessibles ailleurs auparavant.

En conclusion, de l'ouverture dantesque de The dawn (plus de 7 mn d'expériences évolutives) à la fermeture (bien nommé The dusk et ses 6 mn oppressantes), on ne trouve rien à redire, si ce n'est que la densité offerte, les 11 plages frayant en tous sens, finit toutefois par se rabattre sur elle-même, comme une puissante, mémorable mais finissante vague. Et puis, que voulez-vous, nous sommes des enfants gâtés, nous en voulons plus, toujours et encore...

 

 

Par Ndaref - Publié dans : chroniques
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